L’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine (UNRWA) traverse une zone de turbulence financière et politique sans précédent. Déjà fragilisée par les attaques israéliennes et les restrictions d’accès à la bande de Gaza, l’agence onusienne se voit contrainte d’opérer des coupes budgétaires qui affectent directement ses propres équipes sur le terrain. Face à un manque de liquidités critique pour son budget prévisionnel, la direction de l’agence a officialisé une série de décisions administratives lourdes de conséquences pour des centaines de fonctionnaires.
C’est une nouvelle épreuve pour le personnel humanitaire palestinien, déjà éprouvé par dix-huit mois de conflit. Selon les éléments rapportés par nos confrères d’Al Jazeera, l’UNRWA a mis en œuvre des mesures d’austérité drastiques pour tenter de résorber un déficit budgétaire estimé à 220 millions de dollars pour l’année 2026. Ces décisions touchent à la fois les employés restés dans l’enclave assiégée et ceux qui ont été contraints de fuir vers l’étranger.
Des licenciements et des réductions de salaire
Le plan d’économie se décline en deux volets principaux. D’une part, l’agence a notifié le licenciement de 600 employés basés hors de Gaza. Ces agents, qui avaient été précédemment placés en « congé exceptionnel », voient leurs contrats résiliés. D’autre part, pour le personnel local continuant d’opérer à l’intérieur de la bande de Gaza, une réduction de salaire de 20 % a été actée, accompagnée d’une diminution des heures de travail.
Philippe Lazzarini, le commissaire général de l’UNRWA, a justifié ces choix difficiles par l’impératif de maintenir les programmes humanitaires essentiels malgré l’effondrement des financements. La baisse des donations internationales, accentuée par le gel des contributions de certains États donateurs suite à des accusations israéliennes, a creusé le déficit de l’organisation.
Une « double peine » pour les employés déplacés
L’impact humain de ces mesures est illustré par le cas de Maryam Shaaban, enseignante pour l’agence depuis 2007. Actuellement déplacée en Égypte pour accompagner son mari blessé, elle a appris son licenciement alors qu’elle espérait un soutien de son employeur. « Avoir quitté Gaza pour des soins et échapper à la mort ressemble désormais à un crime pour lequel nous sommes punis », a-t-elle confié à Al Jazeera.
Cette mère de huit enfants, dont plusieurs ont été blessés lors de frappes israéliennes ayant décimé une partie de sa famille, se retrouve sans ressources. Pour beaucoup de ces employés déplacés, cette décision administrative survient après une première mise en congé forcé en février 2025, alors même que certains continuaient d’assurer des missions d’enseignement à distance.
Colère syndicale et pression politique
Ces annonces ont provoqué une vive indignation au sein du personnel. Mustafa al-Ghoul, chef du syndicat du personnel de l’UNRWA à Gaza, dénonce une injustice ciblant spécifiquement le territoire le plus dévasté. Selon lui, Gaza est traitée comme le « premier sacrifice » budgétaire, alors que les besoins y sont les plus criants. Il souligne que parmi les licenciés figurent des personnes malades, atteintes de cancer ou ayant perdu toute leur famille.
Au-delà de l’aspect financier, l’agence subit une pression politique constante. En 2025, la Knesset israélienne a voté une législation interdisant les opérations de l’UNRWA dans les zones considérées sous souveraineté israélienne, y compris Jérusalem-Est. Les autorités israéliennes accusent régulièrement l’agence de collusion avec des groupes armés, des allégations que l’UNRWA rejette fermement, rappelant son statut d’organisation internationale et ses mécanismes de contrôle interne.
L’UNRWA est un gouffre financier ! Une affaire de dealers qui profitent de la situation catastrophique de Gaza pour se faire de l’argent ! Ces gens là ne voudrons jamais et ne souhaitent jamais que la paix revienne ! Ils feront tout pour que la guerre continue.