Au Chili, l’investiture imminente de Jose Antonio Kast cristallise les attentions sur la question migratoire. Alors que le président élu avait sommé les migrants en situation irrégulière de quitter le territoire avant sa prise de fonction, la réalité observée dans la région septentrionale d’Arica y Parinacota déjoue les pronostics.
Le 28 novembre dernier, le message du candidat d’extrême droite était sans équivoque. S’adressant directement aux « immigrants irréguliers », Jose Antonio Kast leur donnait « 103 jours » pour quitter le pays volontairement. Depuis cette déclaration, Kast a remporté l’élection et doit prêter serment le 11 mars prochain. Cependant, sur le terrain, l’effet dissuasif escompté tarde à se matérialiser.
Au lieu du départ massif anticipé par certains observateurs, les habitants de cette zone frontalière rapportent une dynamique opposée. Selon les informations rapportées par notre source Al Jazeera, le flux d’arrivées semble s’être intensifié à l’approche de l’échéance fixée par le nouveau chef de l’État.
Andrea Chellew, résidente de la région et ancienne candidate au Sénat, décrit une situation qui se dégrade. D’après son témoignage, la zone traverse actuellement « une grande crise » où la pression migratoire est devenue « bien pire » qu’auparavant, contredisant l’idée d’un exode volontaire des sans-papiers.
Cette région, enclavée entre le Pérou, la Bolivie et l’océan Pacifique, constitue un point de passage névralgique pour les entrées irrégulières vers le sud. Outre la pression démographique, la zone fait face à une montée de la criminalité organisée, un thème qui a constitué l’un des piliers de la campagne victorieuse de Kast. À quelques semaines de la passation de pouvoir, la population locale reste partagée quant à la capacité de la méthode forte promise par le futur président à résoudre ces tensions ou, au contraire, à creuser les fractures existantes.