Face à l’ultimatum de Washington, la réponse constitutionnelle du bloc majoritaire irakien pour maintenir son candidat à la Primature

La formation du prochain gouvernement à Bagdad se heurte à une pression diplomatique directe venant de la Maison Blanche. Alors que l’administration américaine a explicitement conditionné le maintien de son aide financière à l’écartement d’une figure politique spécifique, la majorité parlementaire irakienne a officiellement réagi ce samedi. Plutôt que de plier sous la menace de sanctions économiques, le bloc chiite a choisi d’opposer un argument de droit interne pour valider son choix.

Le Cadre de coordination, principale alliance chiite détenant la majorité au Parlement, a confirmé sa décision de soutenir la candidature de Nouri al-Maliki au poste de Premier ministre. Dans un communiqué relayé par Al Jazeera, la coalition a tenu à « réitérer son soutien à son candidat ».

Pour justifier ce maintien malgré les avertissements extérieurs, l’alliance ne s’est pas placée sur le terrain politique, mais institutionnel. Selon le communiqué, « le choix du Premier ministre est une question constitutionnelle exclusivement irakienne », qui doit demeurer « libre de toute ingérence étrangère ».

Cette prise de position intervient quelques jours après une mise en garde formulée par le président américain. Donald Trump avait indiqué plus tôt cette semaine que Washington retirerait son soutien à l’Irak si Nouri al-Maliki venait à diriger le gouvernement. Cette menace pèse lourd dans la balance, les revenus pétroliers de l’Irak étant en grande partie détenus par la Réserve fédérale de New York, un mécanisme en place depuis l’invasion américaine de 2003.

L’ancien Premier ministre, qui a dirigé le pays de 2006 à 2014, a personnellement réagi mercredi sur la plateforme X. Dénonçant une « ingérence américaine flagrante dans les affaires intérieures de l’Irak », Nouri al-Maliki a assuré qu’il ne retirerait pas sa candidature.

Âgé de 75 ans et figure centrale du parti islamique Dawa, Nouri al-Maliki reste un acteur influent, à la tête de la coalition de l’État de droit. Son précédent mandat avait été marqué par des tensions croissantes avec les États-Unis et des accusations de politique sectaire, avant qu’il ne quitte le pouvoir lors de la montée en puissance de l’État islamique (EI) en 2014.

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