Face à l’extension forcée des cimetières de Lviv, le bilan total des victimes estimé par Washington qui atteint un niveau inédit depuis la Seconde Guerre mondiale

À Lviv, dans l’ouest de l’Ukraine, les autorités locales font face à une réalité logistique qui témoigne de l’intensité du conflit : le cimetière historique de Lychakiv, saturé par l’afflux de corps depuis 2022, a dû étendre ses limites au-delà de ses murs d’enceinte. Une situation visible sur le terrain qui trouve un écho statistique dans les derniers rapports internationaux, révélant des chiffres bien supérieurs aux perceptions habituelles.

Derrière chaque tombe fraîchement creusée se trouve une histoire similaire à celle d’Anastasiya Buchkouska. Cette étudiante de 20 ans a perdu son père, mobilisé dès les premières heures de l’invasion russe le 24 février 2022. Après sept mois de silence où il fut classé comme porté disparu, la confirmation de sa mort est tombée, suivie de près par celle de son oncle. Une double perte que la jeune femme tente de surmonter en s’occupant de sa grand-mère, illustrant le quotidien de milliers de familles ukrainiennes.

**Des estimations qui frôlent les deux millions de victimes**

Au-delà des drames individuels, c’est l’ampleur globale des pertes humaines qui retient l’attention des observateurs. Selon un rapport du Center for Strategic and International Studies (CSIS), un groupe de réflexion basé à Washington, le nombre total de soldats tués, blessés ou portés disparus dans les deux camps avoisinerait les deux millions de personnes depuis le début de l’invasion à grande échelle.

Ce document, relayé par Al Jazeera, précise que la Russie aurait subi à elle seule près de 1,2 million de pertes, dont au moins 325 000 décès. Le rapport souligne qu’il s’agit de pertes supérieures à celles endurées par n’importe quelle grande puissance depuis la Seconde Guerre mondiale. Du côté ukrainien, les pertes militaires sont estimées entre 500 000 et 600 000 personnes.

En parallèle, la Mission de surveillance des droits de l’homme des Nations Unies en Ukraine (HRMMU) a confirmé que pour la seule année 2025, les violences liées au conflit ont causé la mort de 2 514 civils et en ont blessé 12 142 autres.

**L’impact psychologique et l’incertitude du lendemain**

Ces pertes massives s’accompagnent d’une crise de santé mentale généralisée. Sabine Freizer Gune, représentante d’ONU Femmes en Ukraine, a indiqué fin 2025 que la quasi-totalité de la population présentait des troubles psychologiques liés à la guerre. Kseniia Voznitsyna, neurologue interrogée par la chaîne qatarie, évoque une société marquée par les amputations et les traumatismes, s’interrogeant sur la capacité future de l’économie à absorber cette main-d’œuvre fragilisée.

Pour Oleksandra Matviichuk, du Centre pour les libertés civiles, l’impossibilité de planifier l’avenir au-delà de quelques heures définit désormais l’existence en Ukraine. Les frappes russes sur les infrastructures énergétiques durant les mois d’hiver continuent de priver régulièrement des millions de personnes d’électricité et de chauffage, renforçant ce sentiment de précarité permanente.

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