Les travaux de l’atelier national sur la réforme des allocations d’études, tenus à Dakar les 2 et 3 février 2026, ont été marqués par une atmosphère particulière, entre concertations techniques et retrait d’une partie des acteurs étudiants. Alors que des inquiétudes grandissaient quant à l’avenir des aides financières, le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (MESRI) a tenu à clarifier la trajectoire exacte de cette révision réglementaire.
L’objectif affiché par la tutelle était de réunir l’ensemble de la communauté universitaire autour d’une table pour évaluer le système de bourses sur la période 2020-2025 et projeter ses évolutions jusqu’à l’horizon 2030. Cette rencontre, qui visait la révision du décret n°2014-963 du 1er août 2014, a rassemblé une large palette d’intervenants : services du ministère des Finances, société civile, associations de parents d’élèves, syndicats du personnel (PER et PATS) ainsi que les amicales d’étudiants et représentants des ISEP.
Cependant, le déroulement des discussions a connu un tournant notable avec le retrait de certains représentants étudiants dès la première journée. Ce boycott partiel a rapidement alimenté des spéculations sur les intentions des autorités, laissant craindre une remise en cause des acquis sociaux.
Face à ces bruits de couloir, le ministère a apporté une réponse sans équivoque. Selon nos informations reprises d’Emedia, il n’a jamais été question, à aucun moment des travaux, de réduire les montants alloués ni de supprimer les bourses. La tutelle insiste sur le fait que les droits des étudiants demeurent intacts et ne font l’objet d’aucune menace budgétaire.
La réforme poursuivie vise une toute autre finalité. Les autorités cherchent avant tout à assainir le fichier des allocataires pour mettre fin aux pratiques non conformes à l’orthodoxie budgétaire. L’enjeu central de cette nouvelle politique nationale est technique et social : il s’agit de faire coïncider le calendrier de paiement des bourses avec le calendrier réel des enseignements, une doléance récurrente dans le milieu universitaire.
Malgré les tensions initiales, le MESRI estime que les objectifs de l’atelier — identifier les insuffisances du cadre actuel et renforcer l’inclusivité sociale — ont été atteints. Les recommandations issues de ces deux jours de travaux seront transmises aux autorités compétentes, dans l’espoir d’aboutir à un consensus durable sur les modalités d’attribution des allocations.