Les élections législatives du 12 avril prochain en Hongrie s’annoncent comme les plus disputées de l’histoire récente du pays. Alors que le parti au pouvoir fait face à une concurrence inédite dans les sondages, le président des États-Unis a choisi d’intervenir directement dans la campagne. Via sa plateforme Truth Social, Donald Trump a officialisé sa position ce jeudi, en développant une argumentation précise pour appuyer le Premier ministre sortant.
Dans son message, le chef de l’État américain qualifie Viktor Orban de dirigeant « vraiment fort et puissant ». Pour justifier cette prise de position, Donald Trump établit un parallèle direct entre sa propre politique et celle menée à Budapest. Il met en avant deux axes prioritaires communs : la lutte contre l’immigration illégale et le maintien de l’ordre. Selon lui, le Premier ministre hongrois se bat « inlassablement » pour sa nation, une démarche qu’il compare à son action aux États-Unis.
Cette intervention survient à un moment critique pour Viktor Orban. Au pouvoir de 1998 à 2002, puis sans interruption depuis 2010, le dirigeant hongrois voit son hégémonie menacée. D’après les données relayées par Al Jazeera, un sondage publié le 3 février par l’institut 21 Kutatokozpon place le parti de centre-droit Tisza en tête des intentions de vote avec 35 %, contre 28 % pour l’alliance Fidesz du Premier ministre. Cette baisse de popularité est attribuée par les observateurs à une économie en ralentissement et à une lassitude face à la consolidation du pouvoir exécutif.
Les relations entre les deux hommes se sont intensifiées ces derniers mois. Donald Trump a reçu Viktor Orban à la Maison Blanche en novembre pour discuter des échanges commerciaux, avant de le retrouver à Davos, en Suisse. L’administration américaine actuelle évoque des « nouveaux sommets de coopération » atteints grâce au dirigeant hongrois. Cette proximité s’étend également à d’autres figures de la droite conservatrice mondiale, comme l’ancien président brésilien Jair Bolsonaro, dont le fils a rencontré Viktor Orban lors de sa visite à Washington.
L’implication de Donald Trump dans ce scrutin s’inscrit dans une série d’interventions diplomatiques actives lors d’élections étrangères. En octobre dernier, le président américain avait menacé de suspendre l’aide à l’Argentine si les électeurs ne soutenaient pas le parti du président libertarien Javier Milei. Une démarche similaire avait été observée en novembre concernant le Honduras, où un soutien financier avait été conditionné à la victoire du candidat favori de Washington. Ces précédents éclairent la portée politique de l’appui renouvelé à Viktor Orban.