La tension entre l’exécutif américain et le monde culturel franchit un nouveau cap. Alors que de nombreuses figures artistiques ont récemment annulé leurs engagements pour marquer leur désaccord avec la nouvelle direction, Donald Trump a officialisé une décision radicale concernant l’avenir immédiat du John F. Kennedy Center. Si le contexte politique est brûlant, le président des États-Unis appuie sa mesure sur des impératifs de construction.
C’est une mise à l’arrêt complète que Donald Trump a annoncée dimanche sur sa plateforme Truth Social. Le John F. Kennedy Memorial Center for the Performing Arts fermera ses portes pour une durée d’environ deux ans à compter du 4 juillet prochain, date coïncidant avec le 250e anniversaire de l’indépendance américaine. Cette décision, qui doit encore être validée par le conseil d’administration dont les membres ont été nommés par le président lui-même, vise officiellement une rénovation d’envergure.
Selon les précisions apportées par Al Jazeera, le chef de l’État américain estime que le maintien des activités culturelles — concerts, opéras, ballets — « entraverait et ralentirait » les travaux de construction. Dans son message, Donald Trump affirme avoir déterminé que la méthode la plus rapide pour porter ce qu’il nomme désormais « The Trump Kennedy Center » vers « le plus haut niveau de succès, de beauté et de grandeur » est de cesser toute opération de divertissement. Il décrit l’infrastructure actuelle comme délabrée et nécessitant un ravalement complet.
Cette annonce survient dans un climat particulièrement hostile. Depuis que Donald Trump a pris la présidence du conseil d’administration et évincé la direction précédente, l’institution fait face à une vague de désistements. Des productions majeures comme la comédie musicale primée Hamilton, la soprano internationale Renee Fleming ou encore le compositeur Philip Glass ont annulé leurs participations pour protester contre les politiques présidentielles. Le Washington National Opera, résident historique depuis l’ouverture du centre en 1971, a également annoncé son départ.
Dans sa communication, le président américain n’a fait aucune mention de ces annulations en série. Il a au contraire insisté sur le résultat final, promettant que l’Amérique serait « très fière de son nouveau et magnifique monument pour de nombreuses générations ». Maria Kennedy Shriver, nièce de l’ancien président assassiné à qui le centre rend hommage, a réagi sur le réseau social X en suggérant que cette fermeture visait à distraire l’opinion publique du fait que « plus personne ne veut s’y produire ».
Ce projet s’inscrit dans une série de réaménagements des institutions historiques et culturelles menés par l’administration actuelle. Donald Trump a déjà ordonné la démolition de l’aile Est de la Maison Blanche pour lancer un projet de salle de bal estimé à 400 millions de dollars. Il poursuit également des plans pour l’érection d’un arc de triomphe face au Lincoln Memorial et envisage des modifications pour l’aéroport international de Washington-Dulles.