Le Sénégal traverse une période de fortes turbulences marquée par la multiplication des fronts de contestation. Entre les revendications des enseignants, le désarroi du monde rural et la précarité étudiante, le climat social se détériore. Dans une tribune publiée par notre confrère Le Quotidien, Amadou Mbengue, Secrétaire général de la Coordination départementale de Rufisque du PIT/Sénégal, analyse la réponse apportée par les autorités face à ces urgences.
Pour ce membre du Comité central du PIT, la colère qui gronde actuellement ne relève ni du caprice ni d’une manipulation politique, mais d’une réalité tangible vécue dans les foyers. Les enseignants exigent le respect des engagements et une revalorisation de leur statut, tandis que les producteurs ruraux assistent, impuissants, à la perte de leurs récoltes faute de circuits de distribution fiables. À cela s’ajoutent les étudiants réclamant leurs bourses et un personnel de santé épuisé par le manque d’équipements.
Face à cette accumulation de crises, Amadou Mbengue déplore ce qu’il qualifie de stratégie d’évitement. Selon lui, le pouvoir a opté pour une méthode consistant à saturer l’espace médiatique par des séquences judiciaires spectaculaires. L’auteur pointe du doigt la médiatisation excessive des arrestations, des retours de Parquet et des convocations de chroniqueurs, qui finissent par reléguer les urgences sociales au second plan.
« Quand on ne peut pas résoudre les problèmes, on fabrique des diversions », écrit le responsable politique. Il soutient que ce glissement du social vers le sensationnel a pour effet immédiat de fragmenter l’attention collective et de polariser les débats, installant la suspicion là où le dialogue devrait prévaloir. Cette approche, note-t-il, ne résout rien : l’école reste instable, le monde rural s’appauvrit et le système de santé demeure sous tension.
Le risque identifié par Amadou Mbengue est celui d’un divorce durable entre les gouvernants et les citoyens. Il avertit que la banalisation de cette méthode érode la confiance, sans laquelle aucune réforme n’est possible. Pour lui, la stabilité ne se décrète pas par des démonstrations de force, mais se construit par des réponses mesurables : des échéanciers précis pour les paiements, une planification rigoureuse et un retour à l’orthodoxie dans la gestion des priorités publiques.
Manipulateur ! Et les origines de ces difficultés ? Tu les occultes ?