Expulsion des « sans-fac » en France : la justification administrative qui ferme la porte à la médiation proposée par les politiques

Une semaine marquée par des tensions sur le campus de l’université Paris Nanterre. Alors que le collectif des « sans-fac » occupait les lieux pour réclamer l’inscription d’étudiants non affectés, les forces de l’ordre ont procédé à plusieurs interventions pour libérer les bâtiments. Au-delà de l’aspect sécuritaire, c’est la position de l’administration universitaire, sourde aux tentatives de médiation politique, qui fige la situation.

Le mouvement, relancé depuis le début du mois de janvier, porte une revendication précise : l’inscription immédiate d’étudiants laissés sur le carreau pour l’année universitaire en cours et l’ouverture d’un canal de discussion pérenne avec la présidence. Face à cette occupation, la réponse des autorités universitaires s’est traduite par le recours à la force publique à plusieurs reprises au cours de la semaine, selon les informations rapportées par l’agence Anadolu.

**Une fin de non-recevoir malgré l’implication politique**

Le conflit a dépassé le simple cadre universitaire pour atteindre la sphère politique. Plusieurs acteurs, incluant des représentants syndicaux et des élus, ont tenté de s’interposer pour favoriser le dialogue. Le député Éric Coquerel, président de la commission des finances de l’Assemblée nationale française, a formellement sollicité la présidente de l’université le 29 janvier. Dans son courrier, il proposait une médiation, rappelant que l’accès à l’enseignement supérieur représente « un enjeu central ».

Cependant, cette main tendue n’a pas trouvé preneur. Les organisations étudiantes et syndicales rapportent que la présidence n’a donné aucune suite favorable aux demandes de rencontre initiées par les médiateurs potentiels, l’évacuation ayant eu lieu pendant que ces propositions étaient sur la table.

**L’argument calendaire de la direction**

Pour justifier son refus de négocier et l’impossibilité d’accéder aux demandes des étudiants, la direction de l’université Paris Nanterre avance une contrainte technique jugée insurmontable. Dans une déclaration adressée aux occupants, l’administration a fait savoir qu’il n’était « plus possible d’étudier les dossiers » pour une raison administrative stricte : la plateforme Parcoursup est d’ores et déjà ouverte pour la rentrée universitaire suivante, celle de 2026.

Cet argument marque une rupture dans les possibilités de régularisation pour l’année 2025-2026, la direction estimant les délais clos. Malgré l’intervention policière et cette position administrative tranchée, le collectif et l’UNEF Nanterre ont annoncé le maintien de leurs revendications, prévoyant de nouveaux rassemblements d’information sur le campus.

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