Exportée brute à 70 %, cette ressource négligée devient le pivot d’un plan industriel à 1 549 milliards

Le Conseil des ministres de ce mercredi 18 février 2026, présidé par Bassirou Diomaye Diakhar Faye, a balayé plusieurs dossiers urgents, allant de la préparation du Ramadan et du Carême à la modernisation de l’administration territoriale. Mais au-delà des mesures sociales et administratives, c’est une communication du Premier ministre qui a retenu l’attention en dévoilant une stratégie économique d’envergure. Le gouvernement a identifié une filière spécifique, jusqu’ici sous-exploitée, pour en faire le nouveau moteur de l’industrialisation nationale avec des projections chiffrées particulièrement ambitieuses.

**Un paradoxe économique à corriger d’urgence**

Le constat posé par le chef du gouvernement est sans appel : le Sénégal est assis sur une mine d’or qu’il brade à l’étranger. La filière peaux et cuirs, identifiée comme levier stratégique du Plan spécial d’Investissement et de Financement 2026-2028, souffre d’un déséquilibre structurel majeur. Selon les données présentées, plus de 70 % de la production nationale est exportée à l’état brut. Malgré un cheptel important et un savoir-faire artisanal historique, le taux de transformation locale stagne en dessous de 5 %.

Cette situation prive l’économie nationale d’une valeur ajoutée considérable, une anomalie que l’exécutif entend corriger par une inversion complète de la tendance actuelle.

**130 000 emplois et 1 549 milliards en ligne de mire**

L’ambition affichée par nos sources, relayant le compte-rendu d’Emedia, est de bâtir un écosystème industriel complet. Les projections gouvernementales tablent sur la création de plus de 130 000 emplois formels à l’horizon 2034. En termes de retombées financières, le chiffre d’affaires prévisionnel de ce secteur revitalisé est estimé à plus de 1 549 milliards de FCFA.

Pour atteindre ces objectifs, la stratégie repose sur la mise en place d’une chaîne de valeur intégrée d’ici 2050, allant de la collecte à la commercialisation internationale. Le plan prévoit la création de zones industrielles et artisanales dédiées, spécifiquement dans les pôles Centre et Ouest du pays. L’État compte s’appuyer sur des partenariats public-privé pour financer et opérationnaliser cette transformation.

**Administration territoriale et échéances sociales**

Sur le plan de la gouvernance, le Chef de l’État a ordonné une refonte de l’action territoriale. Faisant suite au séminaire des gouverneurs du 12 février, le Président Faye a annoncé le lancement, dès cette année 2026, d’un programme spécial de construction de bâtiments publics pour renforcer la présence de l’État à l’intérieur du pays. Cette initiative s’accompagne d’une nouvelle doctrine de déconcentration axée sur la subsidiarité et la gestion de proximité.

Concernant le climat social, alors que se profilent le Ramadan et le Carême, le Président a instruit le gouvernement d’accroître les ressources allouées au culte et de renforcer l’accompagnement des communautés religieuses durant ces périodes de ferveur.

**Agenda législatif et judiciaire**

Le volet jeunesse reste également prioritaire avec l’installation prévue, avant la fin du premier semestre 2026, du Conseil consultatif des Jeunes du Sénégal. Parallèlement, le gouvernement prépare activement la Journée internationale des droits des femmes du 8 mars, avec en perspective la finalisation de la loi sur l’autonomisation économique des femmes.

Enfin, au titre des textes législatifs, le Conseil a adopté un projet de loi modifiant le Code pénal ainsi qu’un décret fixant les règles de la Commission de contrôle des marchés publics classés « secret-défense ».

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