Le département du Trésor américain a officialisé une révision majeure de sa politique économique à l’égard de Caracas. Après des années de sanctions visant les ressources naturelles du pays sud-américain, Washington autorise la reprise des transactions aurifères sous un encadrement strict.
Selon un avis publié vendredi sur le site du Trésor américain, une licence limitée permet désormais à l’entreprise minière d’État vénézuélienne, Minerven, ainsi qu’à ses filiales, d’exporter, de transporter et de vendre de l’or vers les États-Unis. Al Jazeera précise que cette décision intervient à la suite de rencontres de haut niveau destinées à développer l’exploitation minière dans le pays.
Le document officiel fixe toutefois des limites claires à cette ouverture. La licence interdit formellement tout échange d’or vénézuélien avec Cuba, la Corée du Nord, l’Iran et la Russie. Sur le plan financier, les paiements destinés à des individus sous le coup de sanctions devront obligatoirement transiter par des comptes spécifiques du Trésor américain, appelés « Fonds de dépôt des gouvernements étrangers ». Ce mécanisme de contrôle est identique à celui déjà mis en place pour consigner les revenus pétroliers de Caracas.
Ce changement de cap économique s’inscrit dans un contexte de transition politique inédit. Le 3 janvier dernier, une opération militaire américaine a conduit à la capture et à l’emprisonnement de l’ancien président Nicolas Maduro. Depuis cet événement, dénoncé par plusieurs observateurs comme une violation du droit international, le gouvernement de la présidente par intérim Delcy Rodriguez a accédé aux exigences de l’administration de Donald Trump. Le président américain justifie l’exploitation de ces ressources en invoquant les expropriations d’entreprises américaines survenues en 2007 sous la présidence d’Hugo Chavez.
Les autorités vénézuéliennes ont ainsi amorcé une refonte de leur cadre législatif. Après une visite de deux jours du secrétaire américain à l’Intérieur, Doug Burgum, Delcy Rodriguez a accepté cette semaine de soumettre une loi de réforme minière à l’Assemblée nationale. Fin janvier, la présidente par intérim avait déjà promulgué un texte facilitant l’investissement privé étranger dans le secteur pétrolier et réduisant la fiscalité de cette industrie.
Ces réformes ont pour objectif d’attirer les capitaux extérieurs pour redresser une économie lourdement affectée par les sanctions et la mauvaise gestion passée, des facteurs qui ont poussé des millions de citoyens à l’exil au cours de la dernière décennie. Vendredi, la banque centrale du Venezuela a publié ses premières statistiques depuis novembre 2024, révélant une inflation de 475 % pour l’année 2025, période marquée par l’embargo américain sur les exportations de pétrole. La production officielle d’or du pays s’élevait quant à elle à près de 9,5 tonnes la même année.