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Exclusif: Mamadou Yauck, lauréat du meilleur prix recherche Doctorat au Canada, se dévoile

Lauréat du meilleur Prix Recherche en Doctorat, Mamadou Yauck, fait la fierté du Sénégal. Ce jeune Sénégalais, produit du Lycée Lymamoulaye et lauréat du concours général en 2010, incarne aujourd’hui un modèle de réussite dans le domaine de l’Education. Ce brillant intellectuel qui rêve de s’installer définitivement au Sénégal pour servir son pays a rendu visite à la rédaction de Sengo pour parler de sa consécration, mais également pour évoquer le phénomène de la fuite des cerveaux, sans occulter la crise qui secoue le système éducatif Sénégalais. Entretien

Senego: Présentez vous à nos lecteurs

Mamadou Yauck: Je suis étudiant doctorant en statistiques à l’Université Laval du Canada. J’habite à Guediawaye. J’ai été lauréat du Concours général au Sénégal en 2010. J’ai eu mon Bac au Lycée Limamou Laye en série S1 avec la mention bien. Je suis ingénieur statisticien sorti de l’Ecole nationale des statistiques et analyses économiques. Actuellement, j’effectue ma deuxième année de doctorat à l’université de Laval.

Vous êtes lauréat du meilleur prix de recherche en Doctorat au Canada. Pouvez-vous nous dire comment ça s’est passé?

Le prix de la meilleure recherche étudiant est décerné par l’Université de Laval, toutes les années. Il y a une procédure de sélection qui commence par la soumission d’un résumé de 100 mots par les étudiants qui sont en doctorat sur les sujets de recherche. Il y a une première sélection qui se fait sur la base des résumés et les étudiants retenus sont invités à présenter leurs travaux, lors du congrès annuel. Mais avant cela, une autre soumission d’un résumé de quatre pages du sujet de recherche des principaux résultats et des conclusions sont soumis. Et puis lors de son congrès annuel, une présentation des travaux de recherche est effectuée par les doctorants. Cette année, il y en a eu 78 venus de diverses universités nord américaines. La présentation s’effectue en anglais devant d’autres statisticiens chercheurs, un jury statisticien et chercheur et un autre jury qui va noter les différentes présentations des candidats. Le prix est décerné sur la base de la qualité des travaux de recherche,la pertinence, la clarté de la présentation du doctorant lors de ce congrès.

C’est sur cette base, qu’on m’a décerné le prix après concertation du jury, lors du dîner du congrès annuel .

Quelles ont été les différentes nationalités qui étaient en compétition?

Il y avait différentes nationalités, des Français, des Chinois, des Canadiens, des Américains, des Africains parmi lesquels des amis qui sont dans les universités du nord de l’Amérique. Bref, il y avait une palette de nationalités qui sont dans les universités du nord de l’Amérique.

Qu’est ce que cela vous fait de recevoir ce prix au nom du Sénégal?

C’est une très grand fierté pour moi Sénégalais qui suis allé au Canada, il y a deux ans, dans la plus grande incertitudes, sans connaitre grand chose de ce pays. En tant que étudiant à la maîtrise accepté en doctorat juste après une session, présenter les travaux de recherche juste un an après mon entrée au doctorat et être en compétition avec d’autres étudiants chercheurs dans des universités anglo saxonnes de grande renommée, c’est vraiment quelque chose de fort.

A la base, j’étais juste là pour présenter, même si j’avais un peu confiance en moi. Mais je ne pensais pas à cette consécration, car les présentations des autres étudiants étaient de grande qualité. C’est un fierté de représenter mon pays en tant que jeune issu de la banlieue, d’aller au Canada et d’être distingué par ce prix prestigieux. C’est une source de motivation supplémentaire et c’est une façon d’ inspirer les jeunes sénégalais pour qu’ils comprennent que tout est possible avec la motivation d’où que l’on vienne.

Avez vous reçu les félicitations des autorités?
J’ai eu des contacts avec le ministère de l’Enseignement supérieur. Hier  (jeudi), j’étais avec le professeur Marie Teuw Niane pour échanger un peu. Une rencontre est prévue pour discuter sur le prix, élargir les perspectives. C’est le seul contact que j’ai actuellement. J’aurai aimé recevoir les félicitations du Premier ministre et du chef de l’Etat, parce que je représente le Sénégal où que je puisse aller. Je garde espoir de rencontrer les autorités de leur présenter le prix et susciter une inspiration pour les autres sénégalais.

Que compter vous faire pour que votre modèle fasse tâche d’huile?

Je veux faire en sorte d’être un modèle pour les jeunes sénégalais autre que ce qu’on a l’habitude de voir dans ce qu’on appelle ironiquement le système LMD Lutte, Musique,Danse) J’aimerai offrir une autre alternative aux jeunes pour leur permettre de réussir dans la vie grâce à leur intelligence à leur potentiel et à leur travail.

Si le gouvernement m’accompagne, je vais rencontrer des étudiants, des élèves échanger avec eux sur mon parcours. Etre un conseiller un mentor. A travers mon profil de littéraire et scientifique, je veux montrer qu’on peut conjuguer sciences et littérature pour arriver à un certain niveau.

A l’instar de vous, il y a d’autres jeunes sénégalais qui s’illustrent mais qui sont méconnus et qui restent pour servir leur pays d’accueil. Qu’est-ce que vous en pensez?

C’es désolant de voir des jeunes qui ont été formés au Sénégal servir d’autres pays à l’étranger. Personnellement, j’aimerai revenir au pays, parce que le Sénégal m’a tout donné. C’est vraiment désolant après avoir vécu ici bénéficié de la formation locale, partir servir d’autres continents. J’aimerai revenir faire profiter au Sénégal de mon expertise comme professeur d’université, consultant, chercheur pour montrer la voie aux autres jeunes. J’aimerai vraiment incarner cette fibre patriotique.

La fuite des cerveaux est un phénomène réel. Vous imputez la responsabilité aux autorités ou aux cadres Sénégalais installés à l’étranger?

La responsabilité est partagée. Les opportunités manquent peut être à ces étudiants qui sont à l’étranger qui aimeraient revenir. Ils ne savent pas comment s’y prendre car ils ne connaissent pas les perspectives qui s’offrent à eux. Il est clair qu’en Europe il y’a plus inopportunités et ce n’est pas évident de cracher sur celles ci.
Ils ont peur l’incertitude et de l’échec en rentrant au pays alors qu’il peuvent profiter d’opportunités qui leurs sont offertes sur place à l’étranger. J’ai des amis qui ne pensent même pas revenir au Sénégal.

De l’autre côté, les étudiants et cadres sont quelque part fautifs. Il manque une certaine fibre patriotique et un manque de reconnaissance de ce que le pays a fait pour eux. L’État devrait travailler pour offrir un cadre pour faciliter leur retour. De l’autre côté, les jeunes doivent comprendre que le pays leur a tout donné et qu’en retour, ils ont l’obligation de revenir pour servir leur pays qui a besoin d’eux.

Le système éducatif Sénégalais est miné par une crise avec le dialogue de sourds entre syndicats d’enseignants et l’Etat. Quel commentaire en faites-vous?

Cela montre d’une certaine manière que le système éducatif est en crise. Il est urgent pour l’intérêt de l’éducation, pour l’avenir des jeunes élèves de trouver un consensus. C’est très dangereux de voir l’éducation qui est en quelque sorte l’avenir, être victime de tiraillements entre acteurs. çfait vraiment peur. Aujourd’hui, ça montre l’urgence de mettre au-devant l’éducation, la valoriser. L’Etat doit être un peu plus ouvert aux discussions, essayer de satisfaire des exigences de façon raisonnable. Les professeurs doivent aussi mettre en avant leur vocation d’éduquer mettre en avant surtout l’intérêt de l’élève d’abord avant toute autre chose. L’éducation aujourd’hui est en crise et il faut trouver des solutions urgentes.

Tout cela a déteint sur le niveau des élèves avec surtout les résultats catastrophiques.  Qu’est-ce que cela vous inspire?

Il y a une baisse de niveau constatée dans les résultats des examens et aussi dans le recul des prix décernés aux disciplines scientifiques. C’est une conséquence directe de la crise de l’éducation qui fait que les élèves ne bénéficient pas d’enseignements de qualité. Il y a un système de recrutement assez léthargique qui fait que les élèves n’ont pas des professeurs pour leur dispenser un enseignement de qualité.

Il y a aussi les technologies, les moteurs de recherche qui devraient permettre aux élèves et étudiants d’avoir accès à la documentation. Mais malheureusement, ils ont tendance à utiliser ça à d’autres fins. J’ai consulté certaines statistiques qui montrent que les pays d’Afrique sont les plus grands utilisateurs des réseaux sociaux, alors que dans les pays occidentaux, on utilise plus les moteurs de recherche. Cela montre l’urgence de réorienter les jeunes en leur donnant la chance d’avoir des références, d’avoir des professeurs de qualité la chance d’avoir assez d’heures de travail de pratique et acquérir des connaissances pour les assimiler.

Du point de vue de l’extérieur comment apprécie t-on le produit sénégalais?

Le Sénégal est très respecté au Canada. Nous avons une forte communauté sénégalaise à Laval. Cela veut dire que les universités canadiennes ont foi en l’éducation sénégalaise. Le système éducatif sénégalais et bien respecté et valorisé au canada. Cela montre qu’il y a toujours de l’espoir. Il faut continuer de pourvoir des bonnes graines. C’est toujours un brin d’espoir qui est là.

Qu’est-ce qu’il faut faire selon vous pour sauver l’école sénégalaise?

Pour sauver l’école, il faut d’abord promouvoir un environnement propice pour les etudes dans la banlieue. Au Lycée Limamoulaye où je suis issu, on a des classes de 100 élèves. Deuxièmement, il faut revoir le système de recrutement des enseignants. Dès le départ du primaire, les élèves sont handicapés s’ils n’ont pas de bons enseignants. L’État devrait permettre de pourvoir des enseignants de qualité pour permettre aux élèves de trouver leur voie et de découvrir le génie qui sommeille en eux. Troisièmement, les enseignants devraient se voir en modèles pour motiver davantage leurs élèves, revaloriser l’éducation et prendre cela comme une vocation, un devoir de servir.

Enfin, les élèves doivent s’investir plus dans la recherche de connaissance, délaisser un peu le folklore, les réseaux sociaux, et comprendre que l’avenir de ce pays repose sur eux. Il faut acquérir le maximum de connaissance pour être compétitif sur le plan international. Il faut que les efforts soient conjugués pour sauver le système éducatif.

Vous êtes un produit du Lycée Limamoulaye toujours en tête d’affiche au Concours général mais aujourd’hui dans un état de délabrement avancé. Quel appel avez-vous à lancer à l’endroit des autorités?

C’est toujours une fierté de se sentir appartenir à un lycée d’excellence qui fait preuve de constance que l’on ne voit pas dans les autres établissements. J’en profite pour inviter les autorités à aider la banlieue en perfectionnant le lycée Seydina Limamou Laye en terminant tous les travaux. L’Etat doit offrir des cadres propices dans la banlieue, car elle regorge de brillants intellectuels. On a une cuvette de talents de génie qui attendent d’exploiter la plus petite opportunité pour faire éclore le talent qui sommeille en eux.

Quels sont vos projets?
j’ambitionne de servir mon pays. Au terme de ma thèse, je vais poursuivre mes recherches, enseigner dans les grandes universités. Après mes études, je voudrai rentrer servir mon pays. J’ai un projet de compostage. J’aimerai également m’investir dans l’entrepreneuriat, entre autres projets.

Entretien réalisé par

Amadou Lamine MBAYE

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