L’Union européenne a officiellement rappelé les États-Unis à leurs engagements commerciaux ce dimanche. Cette mise au point diplomatique fait suite à une nouvelle décision unilatérale du président américain Donald Trump concernant les droits de douane mondiaux, intervenue dans un contexte juridique particulièrement tendu à Washington.
Selon l’agence de presse Anadolu, Donald Trump a annoncé samedi, via son réseau Truth Social, le relèvement « avec effet immédiat » de ses nouveaux droits de douane mondiaux, les faisant passer de 10 % à 15 %. Cette mesure tarifaire s’applique aux pays et blocs ayant conclu des accords commerciaux avec Washington, parmi lesquels figurent l’Union européenne, le Japon, la Corée du Sud et Taïwan.
Cette annonce présidentielle survient tout juste 24 heures après une décision majeure de la justice américaine. Vendredi, la Cour suprême des États-Unis a invalidé une large part de la politique commerciale de l’administration Trump. Par six voix contre trois, la plus haute juridiction du pays a statué que le chef de l’exécutif ne pouvait justifier l’instauration de ces surtaxes par la seule invocation d’une « urgence économique » basée sur une loi de 1977. Le président de la Cour, John Roberts, a précisé qu’une « autorisation claire du Congrès » était requise pour l’application de tels droits de douane.
Face à ce passage en force, la Commission européenne a réagi par voie de communiqué, soulignant qu’« un accord est un accord » et exigeant que les États-Unis respectent les termes de leur déclaration commune. D’autres dirigeants internationaux se sont également positionnés. Le président français Emmanuel Macron a salué le rôle des « pouvoirs et contrepouvoirs » démocratiques, tandis que le chancelier allemand Friedrich Merz a appelé à une coordination européenne avant sa prochaine rencontre à Washington. De son côté, le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva a mis en garde contre une « nouvelle Guerre froide ».
Initialement annoncée à 10 %, cette surtaxe devait entrer en vigueur le 24 février pour une durée de 150 jours, avec quelques exemptions sectorielles prévues, notamment pour l’industrie pharmaceutique. Ces mesures visent en priorité les partenaires avec lesquels les États-Unis accusent un déficit commercial. Selon les analystes financiers, les droits de douane ciblés par l’arrêt de la Cour suprême ont généré plus de 130 milliards de dollars de recettes en 2025. L’invalidation juridique de vendredi ouvre désormais la voie à de possibles demandes de remboursement de la part des entreprises importatrices, une perspective qui pourrait déclencher de longs contentieux.