Entre l’Espagne et le Maroc, la Marine française intercepte un navire suspecté d’appartenir à un réseau clandestin bien précis

Une opération d’envergure s’est déroulée ce jeudi en haute mer, mobilisant la Marine nationale française pour une intervention ciblée. Le président de la République française, Emmanuel Macron, a confirmé l’arraisonnement d’un bâtiment commercial en Méditerranée, une manœuvre justifiée par le respect strict des réglementations internationales et la lutte contre les mécanismes de contournement économique mis en place par Moscou.

L’intervention s’est produite entre l’Espagne et le Maroc, visant un pétrolier identifié sous le nom de « Grinch ». Selon les précisions apportées par l’Élysée et relayées par Al Jazeera, ce navire est soupçonné d’appartenir à la « flotte fantôme » russe. Cette terminologie désigne des navires opérant en marge des assurances et régulations occidentales pour transporter des hydrocarbures malgré les restrictions en vigueur.

Le chef de l’État français a indiqué que le pétrolier, en provenance de Russie, est suspecté de battre un « pavillon frauduleux » pour dissimuler son origine et sa cargaison. Le navire a été dérouté vers un port pour les besoins de l’enquête, une procédure menée, selon Paris, « dans le strict respect de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer ».

Cette saisie intervient dans un contexte où l’Union européenne multiplie les paquets de sanctions depuis le début de l’invasion de l’Ukraine en 2022. Malgré ces mesures, Moscou parvient à exporter des millions de barils, notamment vers la Chine et l’Inde, souvent à prix réduit. Un rapport du Centre de recherche sur l’énergie et l’air pur, basé à Helsinki, soulignait en novembre que plus de 100 navires russes avaient utilisé des pavillons de complaisance ou frauduleux au cours des neuf premiers mois de 2025. Ces manœuvres auraient permis le transport d’environ 11 millions de tonnes de pétrole, pour une valeur estimée à 4,7 milliards d’euros.

La réaction de Kiev ne s’est pas fait attendre. Le président ukrainien Volodymyr Zelenskyy a salué l’action de son homologue français, estimant que cette fermeté est nécessaire pour empêcher les revenus pétroliers de financer l’effort de guerre russe. De son côté, l’ambassade de Russie en France, citée par l’agence TASS, a déclaré ne pas avoir été notifiée officiellement de l’interception. La représentation diplomatique cherche actuellement à déterminer, via son consulat à Marseille, si des ressortissants russes figurent parmi les membres d’équipage afin de leur apporter l’assistance consulaire requise.

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