Plus de deux ans après le drame qui avait profondément choqué l’opinion publique, l’affaire des deux enfants retrouvés dans une voiture bâchée à Keur Mbaye Fall connaît un spectaculaire rebondissement judiciaire. Le principal suspect, Lamine Badara Pouye, plus connu sous le nom de « Badou Pouye », a été arrêté et placé sous mandat de dépôt, relançant un dossier qui avait suscité de nombreuses interrogations après son classement sans suite.
En janvier 2024, les jeunes C. Fall, âgé de 4 ans, et son cousin L. Dia, 5 ans, avaient été signalés disparus avant d’être retrouvés cinq jours plus tard dans une voiture bâchée. La découverte avait horrifié le voisinage : C. Fall avait été retrouvé sans vie, les yeux arrachés, tandis que L. Dia, miraculeusement sauvé, souffre encore aujourd’hui de lourdes séquelles. Le véhicule appartenait au marabout Lamine Badara Pouye, entendu à l’époque par les enquêteurs avant d’être relâché, une décision qui avait provoqué de vives tensions et des représailles dans le quartier, ainsi que l’arrestation de membres de la famille des victimes.
Le dossier a finalement été relancé à la suite d’une plainte avec constitution de partie civile déposée par Me Issa Diaw, avocat des familles, informe libération. Cette initiative a conduit à l’ouverture d’une information judiciaire pour enlèvement de mineurs, séquestration et meurtre. « Le juge a fait arrêter Lamine Badara Pouye jeudi matin. Les enfants ont été enlevés et séquestrés… », a indiqué l’avocat. Désormais écroué, le suspect devra répondre devant le juge d’instruction des graves accusations qui pèsent contre lui, alors que les familles espèrent enfin voir la lumière faite sur cette tragédie.
Ils faut les faire ce qu’ils ont fait aux enfants
Cette affaire demeure à ce stade insuffisamment éclaircie. Une seconde arrestation du principal suspect a été évoquée, mais aucun aveu n’a été obtenu, ni auparavant ni actuellement. Les éléments disponibles ne permettent pas encore d’établir formellement sa culpabilité. La découverte des victimes dans un véhicule bâché lui appartenant, stationné devant son domicile, constitue un élément de l’enquête, mais ne suffit pas à démontrer qu’il est l’auteur des faits.
Le caractère particulièrement grave du crime suscite une forte émotion publique et une pression importante pour identifier le responsable. Toutefois, en l’état, aucun élément ne permet d’affirmer que la seule possession du véhicule utilisé comme scène de crime constitue une preuve de culpabilité. L’enquête doit se poursuivre afin d’établir des faits vérifiables et des responsabilités clairement démontrées.
Sa place pour le moment n’est pas la prison. Un bracelet électronique devrait suffire pour limiter ses déplacements le temps que l’enquête se poursuive d’autant plus qu’il n’y a plus de preuves matérielles après deux années passées.