La crise diplomatique entre l’Iran et l’Union européenne a franchi un nouveau palier ce dimanche au sein de l’hémicycle de Téhéran. Alors que Bruxelles finalise des sanctions ciblant les Gardiens de la révolution, le président du Parlement, Mohammad Bagher Ghalibaf, a officialisé une mesure de réciprocité immédiate visant directement le statut juridique des forces de défense du vieux continent.
L’annonce a été faite lors d’une séance parlementaire marquée par une mise en scène symbolique, plusieurs députés ayant revêtu l’uniforme du Corps des gardiens de la révolution islamique (IRGC). Selon les déclarations rapportées par nos confrères d’Anadolu, cette démarche vise à répondre à ce que Téhéran qualifie de « mesure hostile » de la part de l’Union européenne.
Une classification juridique lourde de conséquences
S’appuyant sur les textes législatifs nationaux, Mohammad Bagher Ghalibaf a déclaré que les forces armées des pays européens sont désormais considérées comme des « organisations terroristes » au regard du droit iranien. Cette décision s’inscrit, selon le président du Parlement, « conformément à l’article 7 de la loi de lutte contre la désignation du Corps des gardiens de la révolution islamique comme organisation terroriste ».
Dans son allocution, le responsable iranien a averti que la responsabilité des répercussions de cette escalade incomberait exclusivement à l’Union européenne. Il a qualifié l’initiative européenne de « démarche irresponsable » qui, selon son analyse, accélère la marginalisation de l’Europe sur la scène internationale.
Le rôle de Washington et Tel-Aviv pointé du doigt
Pour les autorités iraniennes, cette séquence diplomatique ne résulte pas d’une initiative européenne autonome. Mohammad Bagher Ghalibaf a affirmé que la décision de Bruxelles de classer l’IRGC parmi les organisations terroristes avait été prise « conformément aux directives du président américain Donald Trump et des dirigeants du régime sioniste ». Il a également dénoncé une « guerre psychologique médiatique » menée par les partisans d’Israël pour intimider la population iranienne.
Cette riposte de Téhéran intervient quelques jours après que les ministres des Affaires étrangères de l’UE, sous l’égide de la cheffe de la diplomatie Kaja Kallas, ont conclu un accord politique pour inscrire l’IRGC sur la liste noire européenne, justifiant cette mesure par la répression exercée par les autorités iraniennes.
Un contexte de tensions militaires accrues
Cette passe d’armes législative s’inscrit dans un climat sécuritaire volatile. Les relations entre Téhéran et Washington se sont tendues suite aux déclarations du président Donald Trump évoquant le déploiement d’une « armada massive » vers la région, tout en appelant à de nouvelles négociations. Les responsables iraniens ont d’ores et déjà prévenu que toute action militaire américaine déclencherait une réponse « rapide et globale », bien que la porte aux discussions reste entrouverte sous conditions.