L’armée pakistanaise a mené des frappes aériennes sur le territoire afghan, ciblant ce qu’elle qualifie de camps et de repaires de groupes armés. Cette offensive militaire intervient à la suite d’une série d’attaques meurtrières perpétrées récemment au Pakistan, ravivant les tensions sécuritaires entre les deux pays voisins.
Selon les informations rapportées par Al Jazeera, ces opérations ont touché deux provinces frontalières. Des sources précisent qu’une frappe de drone a notamment visé une école religieuse dans la province de Paktika, tandis que d’autres bombardements ont eu lieu dans la province de Nangarhar. Le ministère pakistanais de l’Information a déclaré avoir mené des opérations ciblées, fondées sur des renseignements, contre sept camps appartenant au Tehrik-e-Taliban Pakistan (TTP) et à ses affiliés, ainsi qu’à une branche du groupe État islamique opérant dans la région.
Ces frappes constituent une réponse directe à plusieurs incidents sécuritaires majeurs. Le gouvernement pakistanais affirme détenir des preuves matérielles indiquant que les attaques d’Islamabad, de Bajaur et de Bannu ont été commanditées par des individus basés en Afghanistan. Le 6 février dernier, un attentat suicide dans une mosquée chiite de la capitale pakistanaise avait coûté la vie à au moins 31 fidèles, une attaque revendiquée par le groupe État islamique. Plus récemment, des assauts contre des convois et des postes de sécurité à Bannu et Bajaur ont entraîné la mort de treize militaires et d’un enfant.
Islamabad accuse régulièrement Kaboul de servir de base arrière à ces groupes armés, une allégation que le gouvernement taliban dément de manière constante. Les autorités pakistanaises ont réitéré leur appel à la communauté internationale pour exiger des talibans le respect des engagements pris lors de l’accord de Doha en 2020, visant à empêcher l’utilisation du territoire afghan pour des attaques extérieures.
Les relations diplomatiques et sécuritaires entre le Pakistan et l’Afghanistan demeurent précaires depuis les affrontements frontaliers d’octobre dernier, qui avaient fait plusieurs victimes civiles et militaires. Un cessez-le-feu, négocié sous l’égide du Qatar, avait permis une accalmie temporaire, mais les discussions ultérieures n’ont pas abouti à un accord formel.