Depuis le début de l’année, l’installation d’une nouvelle responsable au sein de l’Office français de la biodiversité (OFB) cristallise les tensions entre l’administration et une partie du monde agricole. Ce qui devait être une prise de fonction technique s’est transformé en une affaire d’État, marquée par une virulence telle sur les réseaux sociaux que le gouvernement a décidé d’intervenir pour faire toute la lumière sur le processus de sélection.
La nomination d’Anne Le Strat, survenue début janvier 2026, est au cœur de ce dossier. Ancienne élue écologiste de la ville de Paris et ex-présidente-directrice générale d’Eau de Paris, elle occupe désormais le poste de directrice générale déléguée chargée de la mobilisation de la société au sein de l’OFB. Cet établissement public, placé sous la tutelle du ministère de la Transition écologique, gère la protection de la biodiversité et la police de l’environnement. Toutefois, nos sources indiquent que Mme Le Strat n’a pas autorité sur la police de l’environnement, qui relève d’une autre direction.
La controverse a pris de l’ampleur sous l’impulsion de la Coordination rurale (CR). Ce syndicat agricole classé à droite a vivement critiqué ce qu’il qualifie de nomination « idéologique » et réclamé le départ de la responsable. Au-delà des revendications syndicales, la situation a dérapé sur les plateformes numériques, notamment Facebook, où Anne Le Strat est visée par une campagne d’invectives, de menaces et de propos sexistes. Face à ces attaques, elle a déploré la diffusion « d’informations fausses » et rappelé, dans un communiqué, sa volonté d’exercer ses fonctions « avec neutralité et impartialité ».
La réponse de l’exécutif ne s’est pas fait attendre. Selon les informations rapportées par l’agence Anadolu, le Premier ministre français a ordonné l’ouverture d’une enquête administrative pour examiner les modalités de ce recrutement. Trois instances ont été saisies : l’Inspection générale de l’administration, le Conseil général de l’alimentation, de l’agriculture et des espaces ruraux, ainsi que l’Inspection générale de l’environnement et du développement durable. L’objectif est de déterminer si la procédure a strictement respecté les règles en vigueur dans la fonction publique.
Cette décision a été accueillie favorablement par la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA), qui appelle à des conclusions rapides. Le gouvernement, interpellé au Parlement, a reconnu l’intensité des réactions suscitées par cette arrivée à l’OFB, tout en maintenant le cadre légal de la vérification administrative.