« Du volcan Clédor Sène au couvre-feu de fin d’année 2015 », Par Elhadj Yvon Mbaye Journaliste-formateur

« Du volcan Clédor Sène au couvre-feu de fin d’année 2015 », Par Elhadj Yvon Mbaye Journaliste-formateur

« A beau chasser le naturel, il revient au galop « ; cette vérité s’applique aussi bien au mythique Clédor Sène, tête de file du trio jugé coupable de l’assassinat de Maître Babacar Sèye en 1993, qu’à notre actuel gouvernement. Qui vient de prendre l’hésitante décision d’interdire en ces deniers jours de l’année en cours, toute manifestation, et autres rassemblements. Y compris les festons, les feux d’artifice, les pétards etc… Prétextant des dispositions sécuritaires face aux menaces terroristes.

Toutes ces indignes manœuvres cacheraient une intention de nuire politiquement à Khalifa Sall, le premier magistrat de la capitale. Il se voit ainsi refuser, une occasion de faire encore plaisir à ses administrés, issus des 19 mairies de Dakar, dont 16 sont sous son joug. En tout cas, comme disait l’autre, si une telle décision étatique se s’appelle pas « Couvre-feu », nous nous permettrons de dire, c’est tout comme.

Le Retour De Clédor

Le Retour de Clédor Sène qui, après 10 ans de réclusion criminelle, eut recouvré la liberté sous le régime du Président Wade, serait un bon thème de thèse pour les doctorants ou les agrégatifs en Sciences politiques. L’homme est atypique, doublé d’une intelligence d’un sur-doué, et de surcroît, d’une sérénité rare chez ses semblables.

Tout en rejetant fermement, lui et ses compagnons, la paternité de cet odieux assassinat, C. S. pointe du doigt les dignitaires du l’ancien régime socialiste du Président Abdou Diouf. Et d’exhorter le journaliste- intervieweur à aller fouiller et fouiner auprès de Tanor, Djibo et Madieng Khary Dieng. Si nous savions lire entre les lignes ! Il n’a pas, non plus omis, d’affirmer que tous les auteurs de livres et d’essais au sujet de cette affaire, ont manqué de matières plausibles, palpables et convaincantes. Seul lui en détient, affirme-t-il.

De tels propos remettent en selle, une affaire pas toujours élucidée aux yeux et à la compréhension du peuple sénégalais. Mais, au fait, qui est ce qui fait bouger l’enfant terrible de Castors, après plus de dix (10) ans de silence assourdissant ? Quel serait le mobile de cette sortie risquée, tapageuse et combien courageuse ? Un tas d’interrogations qui taraudent désormais la conscience des sénégalais.

L’Interdiction de  » Vivre  »

Nous vivons au Sénégal une démocratie devant dépasser certaines tares comportementales, surtout quand cela émane de dirigeants, fussent-ils gouvernementaux. Les interdictions sont nombreuses et surtout sans fondement. Le Sénégal est un pays où la liberté d’agir, d’expression et de choix politique avait engendré un honneur et une dignité au frontispice du monde entier. Mais, au rythme dégradant où vont les choses, tout ce qui contribuait à notre aura s »évapore présentement, et de jour en jour. Que d’emprisonnement dans une justice à deux vitesses!

Aujourd’hui, il n’est autorisé à aucune organisation syndicale, politique ou non-gouvernementale, la plus petite manifestation. Le pouvoir, à travers son Ministère de l’Intérieur s’érige en un inégalable dictateur. S’encagoulant toujours derrière ce slogan absurde qu’est  » le trouble à l’ordre public ». Toute action, permettant de se faire entendre, comme les marches de protestation et de revendications, les meetings, les sit-ins et autres, est rigoureusement interdite. Où allons-nous ?

Pour obstruer les bonnes activités de l’institution de la ville de Dakar et de son patron en chef Khalifa Sall, il a été décidé d’interdire tout ce qui serait réjouissance ou  » good time  » aux citoyens du dit terroir, durant les fêtes de Noël et de fin d’année 2015. Avant, pendant et après.

Pour l’amour du tout puissant-créateur du trône sublime, Mesdames et Messieurs du gouvernement du Sénégal, rendez-nous notre liberté acquise de haute lutte depuis Aline Sitoë Diatta et Lat-Dior Ngoné Latyr; cette fierté triptyque, purement sénégalaise, nous voulons évoquer et faire convoquer les « Diom » , « Soutoura » et « Kersa ».

Elhadj Yvon Mbaye
Journaliste-formateur
tel : (00221) 77 179 19 38
E-mail : olympress45@yahoo.fr

1 COMMENTAIRE
  • Serges

    Bravo. Analyse bi mashallah.. Un journaliste consèquent, mètodique, respectueux, un vrai pro. Chapeau ….du courage

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