Dans un contexte de mutations sociales rapides et de perte de repères, la question des valeurs fondamentales se pose avec acuité au Sénégal. C’est pour répondre à cette quête de sens que l’ingénieur et écrivain Ibrahima Thioye a présenté son nouvel ouvrage paru aux éditions L’Harmattan. Intitulé « L’arbre des vertus chez les Wolof », ce livre ne se contente pas de lister des principes moraux ; il propose une architecture visuelle et logique pour comprendre comment s’articulent les piliers de l’éthique traditionnelle.
Lors de la présentation de l’ouvrage, relayée par Le Quotidien, l’auteur a exposé sa démarche qui oscille entre anthropologie et développement personnel. Ingénieur en télécommunications de formation, fort de trente années d’expérience dont une grande partie à la Sonatel, Ibrahima Thioye applique une rigueur structurelle à l’analyse des mœurs. Son objectif est de fournir une grille de lecture accessible pour « l’équilibre individuel, la citoyenneté active et la cohésion sociale ».
**Une symbolique végétale pour classer les comportements**
L’originalité de l’œuvre réside dans le choix de sa métaphore centrale. Pour Ibrahima Thioye, la société et l’individu fonctionnent à l’image d’un arbre. Cette comparaison lui permet de hiérarchiser les vertus non pas comme des éléments isolés, mais comme les parties d’un tout organique.
Selon la nomenclature établie dans l’ouvrage, les « racines » de cet arbre moral sont constituées par les fondements invisibles mais essentiels : la courtoisie (*teggin*), le sens de l’honneur (*jom*), la maîtrise de soi (*sago*) et la noblesse de caractère (*ngor*). Sans ces bases, l’individu ne peut s’élever.
Le « tronc », qui assure la solidité et la posture, regroupe la droiture (*njub*), le courage (*fit*), la patience (*muñ*), la fermeté d’âme (*ku doylu*) et l’intégrité (*màndute*). Enfin, les « branches », parties visibles qui interagissent avec l’extérieur et autrui, portent les fruits de la vie sociale : la vérité (*deggu*), la pudeur (*kersa*), la fidélité (*kóllëre*), ou encore l’hospitalité (*teraanga*).
**La mécanique de la complémentarité**
Au-delà de cette classification, l’auteur explore la dynamique entre ces différentes valeurs. Il développe le concept de « complémentarité des vertus » à travers des filtres d’analyse précis. L’ouvrage met en garde contre les excès ou les manques : le courage doit être équilibré par la prudence, la fidélité par l’ouverture, et le sérieux par l’humour.
Cette approche vise à offrir aux jeunes générations, souvent tiraillées entre réussite matérielle et dignité, des outils concrets pour naviguer dans un monde moderne sans renier l’héritage culturel wolof.
Weuye Diomays woutal livre bi yowe ak sa ndiaboye…mdr.
Ou pourrait-on trouver ce livre ?
Kouko beuggeu noumouy deff ?