C’est une course contre la montre qui s’est engagée ce dimanche dans le nord du Liban. Au cœur de Tripoli, deuxième ville du pays, le quartier populaire de Bab al-Tabbaneh est le théâtre d’une opération de secours complexe après qu’une catastrophe structurelle a frappé une zone résidentielle dense. Alors que les équipes d’urgence s’activent pour retrouver des survivants, les autorités locales doivent gérer une situation sécuritaire précaire qui menace de s’étendre aux habitations voisines.
Le bilan provisoire fait état d’au moins six morts et sept blessés. Le drame est survenu lorsque deux immeubles mitoyens se sont effondrés, piégeant plusieurs occupants sous les gravats. Selon Abdel Hamid Karimeh, président du conseil municipal de Tripoli, il reste difficile à ce stade de déterminer avec précision le nombre de personnes encore ensevelies. Les opérations de recherche et de sauvetage se poursuivent sans relâche, menées par la Défense civile avec l’appui de la Croix-Rouge libanaise et des services de secours.
Face à l’ampleur des dégâts, la solidarité locale s’est immédiatement organisée. Des résidents du quartier ont rejoint les secouristes, tentant de déblayer les débris à mains nues pour créer des accès vers les victimes potentielles. Une mobilisation citoyenne qui intervient dans un contexte de forte tension structurelle pour le bâti de la ville.
**Une zone placée sous haute surveillance**
Au-delà de la gestion immédiate des victimes, c’est la stabilité du secteur qui inquiète désormais les services de sécurité. Les Forces de sécurité intérieure et la police municipale de Tripoli ont procédé à l’évacuation d’urgence des immeubles adjacents. La crainte d’un effet domino est réelle : les structures voisines pourraient ne pas résister aux mouvements de terrain provoqués par le double effondrement.
Joseph Aoun a ordonné la mise en état d’alerte maximale de tous les services d’urgence pour assister les opérations et assurer la mise à l’abri des riverains déplacés, rapporte l’Agence nationale de l’information (ANI). Un déploiement important de personnel militaire sécurise actuellement le périmètre.
**La réponse politique face à la vétusté**
Le Premier ministre Nawaf Salam a réagi en assurant que le gouvernement était prêt à fournir des allocations de logement à tous les résidents dont l’évacuation a été ordonnée. Dans une déclaration officielle, il a tenu à mettre en garde contre toute récupération partisane de ce drame, fruit de « années de négligence accumulée ».
« J’exhorte tous les acteurs politiques, à Tripoli et ailleurs, à s’abstenir d’exploiter ce terrible désastre pour des gains politiques bon marché », a martelé le chef du gouvernement.
Comme le souligne Al Jazeera, cette catastrophe met en lumière la dégradation avancée des infrastructures au Liban. Le pays, affaibli par l’effondrement économique et les conflits, fait face à une crise chronique de maintenance urbaine, caractérisée par des bâtiments en ruine, des pénuries d’électricité et un réseau d’eau défaillant.