Le tribunal de grande instance de Tambacounda a servi de cadre, ce mercredi, au procès de Lassana Kanté. Le coordonnateur de Taxawu Senegaal dans la région, arrêté mi-janvier, répondait de chefs d’accusation liés à des propos tenus contre une autorité publique. Une audience marquée par la présence de Khalifa Sall et un bras de fer procédural, à l’issue de laquelle le ministère public a dévoilé ses exigences.
Face aux juges, le mis en cause a opté pour la dénégation systématique des faits de « propos désobligeants » et de « diffusion d’images » visant une autorité exerçant des prérogatives présidentielles. Cette posture défensive n’a pas infléchi la position du Ministère public. Se montrant intransigeant, le procureur a requis une peine d’un an d’emprisonnement, dont six mois ferme. Une sévérité confirmée par le refus catégorique du Parquet d’accorder la liberté provisoire sollicitée par la défense, renvoyant le prévenu en détention en attendant le délibéré.
Avant d’en arriver au fond du dossier, les quatre avocats de la défense avaient tenté de faire annuler la procédure. Selon le compte-rendu d’audience établi par Le Quotidien, ils ont soulevé des exceptions de nullité concernant les conditions d’interpellation de leur client à l’Aéroport international Blaise Diagne (AIBD) le 15 janvier dernier. La défense a notamment déploré que les motifs de l’arrestation n’aient pas été notifiés à Lassana Kanté durant les premiers jours de sa garde à vue. Si le tribunal a pris acte de ces observations, il a néanmoins ordonné la poursuite des débats.
Venu soutenir son collaborateur, Khalifa Sall s’est exprimé en marge de l’audience. L’ancien maire de Dakar a fustigé ce qu’il considère comme une « judiciarisation de la vie politique », qualifiant les délits reprochés de « tirés par les cheveux ». Pour le leader de Taxawu, le Parquet ne devrait pas interférer dans le jeu politique, surtout dans un contexte national qu’il juge difficile. Il a par ailleurs salué l’attitude « stoïque » de son coordonnateur face à cette épreuve.
Le délibéré a été fixé au 4 février prochain. Lassana Kanté, qui s’apprêtait à embarquer pour le Mali au moment de son arrestation, reste donc sous main de justice jusqu’à cette date.