La couverture médiatique du premier tour des élections municipales de 2026 en France a été marquée par un incident technique qui vient de connaître des suites disciplinaires. Une voix bien connue des téléspectateurs a été temporairement retirée de l’antenne après une succession de propos tenus alors qu’elle pensait son microphone désactivé.
Dimanche soir, lors de la soirée électorale diffusée sur la chaîne Franceinfo, la journaliste politique Nathalie Saint-Cricq a réagi à l’annonce des résultats de la ville de Nice, où Éric Ciotti — ancien dirigeant des Républicains désormais soutenu par le Rassemblement national — est arrivé largement en tête. L’éditorialiste a alors glissé la remarque « Alias Benito », une référence apparente à Benito Mussolini.
Cette séquence a provoqué une vive réaction au sommet de la chaîne. Selon les informations rapportées par l’agence Anadolu, la présidente de France Télévisions, Delphine Ernotte, a exprimé sa colère face à cette situation. En conséquence, Philippe Corbé, récemment nommé à la tête de l’Information du groupe, a acté la mise à l’écart de Nathalie Saint-Cricq jusqu’à dimanche inclus. La journaliste ne participera donc pas au dispositif prévu pour le second tour des municipales.
Face à la diffusion de cet extrait, Franceinfo a rapidement publié des excuses sur le réseau social X à l’attention d’Éric Ciotti, regrettant un « propos inapproprié et déplacé prononcé sur notre antenne ». Quelques minutes plus tard, Nathalie Saint-Cricq a elle-même pris la parole en direct pour présenter ses excuses, reconnaissant un « manque de discernement » de sa part.
La soirée a cependant été émaillée d’une seconde séquence liée à la gestion des micros. En attendant l’intervention de Manuel Bompard, cadre de La France insoumise (LFI), la journaliste a de nouveau été entendue à l’antenne déclarant : « C’est qui la petite ? ». Cette interrogation visait Imane Hamel, co-animatrice de la section LFI antiracisme. La responsable politique a directement répliqué sur X : « La « petite » c’est moi. Votre mépris ne fait que nous renforcer. L’ancienne classe politicienne est sur le départ. Vous entendrez bientôt parler de nous ! ».
Âgée de 64 ans, Nathalie Saint-Cricq est une figure centrale de la rédaction politique du service public audiovisuel français. Elle avait notamment animé le débat de l’entre-deux-tours de l’élection présidentielle de 2017. Pour ces élections de 2026, elle n’officiait pas sur la chaîne principale France 2 — une première en vingt ans, la place ayant été laissée à son fils, Benjamin Duhamel —, mais avait été affectée à la chaîne d’information en continu Franceinfo.