Des points noirs dans la gestion sobre et vertueuse de Macky

Elu à la tête du pays depuis 2012, le président Macky Sall a certainement constaté que ses quatre ans de gestion ont été entachés par des faits jugés ‘’troublants’’ par bien des Sénégalais. Arcelor Mittal, Petro Tim, Centre international de conférences Abdou Diouf (Cicad), autoroute Ila Touba, réhabilitation du Building administratif, marché de gré à gré…. sont autant de ‘’points noirs d’une gouvernance sobre et vertueuse’’, sur lesquels, EnQuête revient.

‘’KO’’ contre la bonne gouvernance. Au premier trimestre 2016, le rapport de la Direction centrale des marchés publics (Dcmp) aurait relevé que les 63 % des marchés ont été passés de gré à gré. Ce qui, selon le Forum civil, représenterait une manne de 291, 858 milliards de FCfa, soit 18 points au-dessus de la norme recommandée qui veut que le gré à gré ne dépasse pas 15 % des marchés par trimestre. Et, le contrat ‘’clés en mains’’ relatif aux ‘’études et travaux de l’autoroute à péage Aibd-Mbour-Thiès’’, dit-on, serait l’un de ces marchés avec une convention de financement dont l’exécution a été confiée à la China International Water & Electric Corp.

Son coût, estimé à environ 470, 7 millions de dollars (soit environ 235 milliards de FCfa), livré, aurait été estampillé entente directe sur la liste des marchés répertoriés. Selon le site web de la Dcmp, parcouru par EnQuête, les statistiques des quatre trimestres de l’année 2013 font état de plus de 126 milliards de F Cfa. A titre comparatif, le taux de gré à gré, au premier trimestre de l’année 2008, était de 19% sous le régime d’Abdoulaye Wade contre 24 % au premier trimestre 2012 sous la gouvernance du Président Sall. Aussi, au quatrième trimestre de la même année, le régime de libéral était à 6 % de gré à gré contre 24 % pour les «Apéristes» en 2012.

Le Forum Civil demande l’audit du financement de l’autoroute Ila Touba

Pour lever les suspicions qui pèsent sur le coût de l’autoroute Ila Touba, le coordonnateur du Forum Civil milite en faveur de l’audit de son financement. Selon Birahim Seck, par ailleurs membre du Conseil économique, social et environnemental (Cese), ‘’il faut des audits techniques et financiers approfondis sur certains contrats ou concessions de montants importants qui impactent sur les finances publiques, notamment l’autoroute Ila Touba’’. Pour lui, le financement de cette infrastructure routière dépasse de loin les 416 milliards de FCfa annoncés par l’Etat du Sénégal. A l’en croire, le montant pourrait avoisiner les 700 milliards de FCfa, ‘’parce que l’Etat a signé un contrat commercial avec la Chine et il y a des exonérations’’, détaille-t-il, non sans faire savoir qu’il y a une ‘’surfacturation’’ sur le financement de cette autoroute.

Cependant, si l’on se fie aux explications du gouvernement, le coût global de l’autoroute Ila Touba, plus de 360 milliards de FCfa d’investissements seraient issus du secteur privé et plus de 50 milliards, de FCfa de l’Etat du Sénégal. En outre, Birahim Seck a également demandé un audit sur l’autoroute Dakar-Diamniadio, dont le financement est chiffré à 380 milliards de F Cfa. Parce que, estime-t-il, ‘’il y a eu un prolongement du contrat à hauteur de 80 milliards de FCfa, par une entente directe’’.

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