Derrière le silence officiel en RDC, le bilan provisoire vertigineux annoncé par les rebelles après l’éboulement de Rubaya

Une tragédie majeure frappe l’est de la République Démocratique du Congo (RDC), dans une zone échappant au contrôle de Kinshasa. Alors que les opérations de secours se poursuivent dans des conditions précaires, les premières estimations émanant des autorités locales de facto font état d’une catastrophe humaine de grande ampleur sur le site minier de Rubaya.

Située à environ 60 kilomètres au nord-ouest de Goma, la capitale provinciale du Nord-Kivu, la mine de coltan de Rubaya s’est effondrée mercredi dernier. Ce site stratégique, essentiel pour l’approvisionnement mondial en minerais, est actuellement sous l’administration du groupe rebelle M23. C’est dans ce contexte particulier que les chiffres concernant les victimes commencent à émerger, dessinant les contours d’un drame humanitaire.

Selon les informations relayées par Al Jazeera, qui cite Lumumba Kambere Muyisa, porte-parole du gouverneur nommé par les rebelles, le bilan provisoire serait extrêmement lourd. Plus de 200 personnes auraient péri dans cet éboulement. Parmi les victimes recensées figurent non seulement des mineurs artisanaux, mais également des femmes commerçantes et des enfants présents sur les lieux au moment du drame.

Les causes de l’effondrement sont directement liées aux conditions météorologiques et à la fragilité des sols. « Nous sommes en saison des pluies. Le sol est fragile. C’est la terre qui a cédé alors que les victimes se trouvaient dans le trou », a précisé le porte-parole à l’agence Reuters. Si une vingtaine de blessés ont pu être extraits à temps et transférés vers des structures de santé, de nombreux corps resteraient prisonniers des décombres.

La difficulté d’établir un bilan définitif est accentuée par la situation sécuritaire et administrative de la région. Eraston Bahati Musanga, gouverneur du Nord-Kivu désigné par le M23, a confirmé la récupération de plusieurs corps sans toutefois avancer de chiffre précis, tout en laissant entendre que le nombre de décès pourrait être élevé. De son côté, Franck Bolingo, un creuseur artisanal rescapé interrogé sur place, témoigne de la violence de l’événement : « Il a plu, puis le glissement de terrain s’est produit et a emporté les gens. Certains ont été enterrés vivants, et d’autres sont encore piégés dans les puits ».

Ce drame remet en lumière les enjeux autour de Rubaya, localité qui produit environ 15 % du coltan mondial, un minerai indispensable à la fabrication des téléphones mobiles et des composants aérospatiaux. Le site est passé sous le contrôle du M23 en 2024, après avoir changé de mains à plusieurs reprises entre le gouvernement congolais et divers groupes armés. Les Nations Unies accusent régulièrement les rebelles d’exploiter ces ressources pour financer leur insurrection, avec le soutien présumé du Rwanda, une allégation que Kigali rejette systématiquement.

Votre avis sera publié et visible par des milliers de lecteurs. Veuillez l’exprimer dans un langage respectueux.

Laisser un commentaire