Derrière la contraction de l’activité nationale, les trois facteurs de blocage identifiés par Souleymane Astou Diagne dressent un tableau sombre pour 2026

L’analyse de la conjoncture économique nationale révèle des indicateurs préoccupants pour l’année en cours. Selon le diagnostic établi par le Dr Souleymane Astou Diagne, la trajectoire actuelle ne favorise pas la relance attendue, mais marque plutôt un ralentissement significatif de la croissance. L’universitaire décortique les mécanismes internes ayant conduit à cette situation et projette des perspectives complexes pour l’exercice à venir.

Pour l’économiste, dont les propos sont relayés par nos confrères d’IGFM, l’année 2025 constitue un « tournant négatif ». La stratégie économique déployée est pointée du doigt pour avoir engendré une contraction de l’activité au lieu de la stimulation espérée. Cette contre-performance s’explique, selon son analyse, par la combinaison de trois facteurs précis qui ont grippé le moteur de la croissance sénégalaise.

Le premier frein identifié concerne l’arrêt de nombreux chantiers dans le secteur du Bâtiment et des Travaux Publics (BTP), privant le tissu économique d’un de ses piliers traditionnels. S’ajoute à cela une pression fiscale jugée « excessive », perçue par les acteurs économiques comme une contrainte budgétaire plutôt que comme un levier de régulation. Enfin, le Dr Diagne met en exergue la détérioration du climat des affaires, exacerbée par des arrestations ciblant des figures économiques et un discours politique qui peine à rassurer les investisseurs.

Au-delà de ces causes structurelles, la situation budgétaire présente des ratios alarmants. L’universitaire alerte sur l’explosion de la dette publique par rapport au PIB. « Certains évoquent 119 %, d’autres parlent de 132 %. Quelle que soit l’estimation retenue, 2025 restera une année profondément chaotique », précise-t-il.

Les perspectives pour 2026 ne semblent pas offrir d’éclaircie immédiate. Souleymane Astou Diagne souligne que l’environnement international, marqué par des tensions géopolitiques et des incertitudes globales, ne sera pas favorable à une reprise mécanique. Il prévient que les difficultés actuelles risquent de se prolonger si le contexte interne ne change pas.

Face à ce constat, l’expert insiste sur la nécessité absolue de restaurer la confiance. Pour éviter que la crise ne s’installe durablement, il préconise un apaisement des relations avec le secteur privé et une stabilisation rapide du cadre macroéconomique, conditions sine qua non pour redresser la barre.

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