De l’Australie à l’Éthiopie : la région du globe qui abrite le plus de langues en voie de disparition

Notre planète abrite une richesse linguistique considérable, avec plus de 7 000 langues recensées à ce jour. Toutefois, une part significative de ce patrimoine immatériel est aujourd’hui menacée d’extinction, selon les données récentes compilées par Al Jazeera. Si certaines langues dominent les échanges internationaux, des milliers d’autres luttent pour leur survie à travers différents continents.

Sur les 7 159 langues parlées actuellement dans le monde, 3 193 sont classées comme menacées, soit environ 44 % du total. À l’inverse, 3 479 sont considérées comme stables et 487 ont un statut institutionnel. L’anglais reste l’idiome le plus répandu avec 1,5 milliard de locuteurs répartis dans 186 pays, dont 80 % l’utilisent comme langue seconde ou tertiaire. Le mandarin le suit de près (1,2 milliard) et s’impose comme la première langue maternelle au monde en raison de la démographie chinoise. L’hindi (609 millions), l’espagnol (559 millions) et l’arabe standard (335 millions) complètent ce classement.

La répartition des langues en danger n’est cependant pas uniforme. Selon la base de données Ethnologue citée par Al Jazeera, 88,1 millions de personnes ont pour langue maternelle un idiome menacé. Fait marquant, 80 % de ces langues en péril se concentrent dans seulement 25 pays. L’Océanie arrive en tête des régions comptant le plus grand nombre de langues menacées, devançant l’Asie, l’Afrique et les Amériques.

Les données consultées par notre rédaction indiquent que le processus d’extinction s’enclenche généralement lorsqu’une communauté cesse de transmettre sa langue maternelle aux enfants, au profit d’un idiome dominant. Les statistiques font état de 337 langues dites « dormantes » (qui conservent un usage social identitaire mais n’ont plus de locuteurs fluents) et de 454 langues totalement éteintes.

Plusieurs situations illustrent cette dynamique à travers le monde. En Éthiopie, l’ongota n’est plus parlé que par quelques anciens au sein d’une communauté réduite à environ 400 membres. Au Japon, l’aïnou est en danger critique, avec seulement 304 locuteurs recensés lors d’une évaluation en 2006. Sur le continent américain, le créole louisianais aux États-Unis et le leco en Bolivie survivent principalement grâce aux personnes âgées.

Des initiatives de revitalisation existent néanmoins. En Australie, le yugambeh est rendu plus accessible aux jeunes générations grâce à des programmes communautaires et des applications mobiles. En Angleterre, le cornique, autrefois classé comme éteint par l’UNESCO, a été réintroduit avec succès pour repasser au statut de langue menacée en 2010, comptant aujourd’hui plus de 500 locuteurs de langue maternelle.

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