L’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) traverse une période de turbulences qui interroge sa vocation première de temple du savoir. Au-delà des perturbations cycliques liées aux revendications académiques, l’institution fait face à une mutation profonde de son environnement, marquée par une violence endémique et une précarité matérielle croissante. Une analyse de la situation actuelle, relayée par Emedia, met en lumière des dysfonctionnements structurels qui menacent la stabilité du campus.
Le climat au sein de l’espace universitaire s’est considérablement dégradé, renouant avec des scènes d’affrontements qui rappellent les heures sombres ayant conduit au décès de l’étudiant Abdoulaye Ba. Les images de rixes, de courses-poursuites et l’usage de gaz lacrymogènes témoignent d’une atmosphère devenue irrespirable. Ces tensions trouvent souvent leur origine dans des revendications classiques, telles que la fermeture des restaurants ou les retards dans le paiement des bourses, vitaux pour de nombreux étudiants soutiens de famille. Cependant, la réponse apportée par les différents acteurs semble enfermée dans un cycle improductif : d’un côté, une destruction des infrastructures acquises par les luttes passées, de l’autre, une administration jugée sourde, privilégiant le recours à la force publique pour rétablir l’ordre.
Cette escalade de la violence a franchi un nouveau cap inquiétant. Selon les observations rapportées par notre confrère Mamadou Ndiaye, des fouilles effectuées dans les résidences universitaires ont permis de découvrir des armes cachées par des étudiants. L’introduction et le stockage de cet arsenal au sein même des lieux d’hébergement soulèvent de lourdes interrogations sur les intentions des auteurs et sur la sécurité globale du campus. Cette présence d’armes, couplée à l’existence de tensions latentes entre différents groupes d’étudiants, fait craindre que les rixes habituelles ne dissimulent des enjeux plus obscurs.
Parallèlement à cette insécurité physique, le niveau académique et la culture générale des pensionnaires de l’université suscitent des préoccupations. Un sondage réalisé par une radio de la place a révélé une méconnaissance surprenante de la figure tutélaire de l’institution. Interrogés sur l’identité de Cheikh Anta Diop, aucun des étudiants de l’échantillon n’a su répondre avec précision. L’un d’eux, qualifiant l’égyptologue de « Pharaon du savoir », a ensuite admis ignorer la signification même du terme « Pharaon ». Cette anecdote illustre un éloignement progressif des fondamentaux de l’enseignement supérieur, dans un contexte de surpopulation des amphithéâtres et d’insuffisance des moyens financiers.
Face à ces défis internes, l’université sénégalaise doit également composer avec une concurrence sous-régionale accrue. D’autres nations développent des offres de formation attractives, soutenues par des financements conséquents, risquant à terme d’entraîner une fuite des cerveaux si le niveau de compétitivité et les conditions de vie sur les campus nationaux ne sont pas rapidement rehaussés.
Aucune université Sénégalaise ne figure dans la liste des 100 meilleures d’Afrique. Pas surprenant qu’elles ne peuvent même pas avoir un calendrier fiable, sans parler de la production scientique et technologique.
C’est tout le système éducatif sénégalais qui doit être repensé pour répondre aux objectifs du développement dans le contexte actuel. Plus de la moitié des étudiants n’a pas le niveau pour suivre des études supérieures.
On devrait par exemple instaurer des structures évaluant le potentiel des apprenants dès le BFEM pour ensuite les orienter vers des formations qui correspondent à leur niveau.
Dans le secteur du BTP par exemple les carreleurs, plombiers, peintres sont des étrangers (Italie, Portugal, Espagne…). Des métiers qui paient bien mieux que ceux du secteur tertiaire