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Critiques sur la charte de non-violence : Cheikh Ahmed Tidiane Sy apporte des précisions

Critiques sur la charte de non-violence : Cheikh Ahmed Tidiane Sy apporte des précisions

L’action du  cadre unitaire de l’Islam, ne fait pas l’unanimité au sein de la classe politique sénégalaise. Initié par des religieux issus des différentes familles religieuses du Sénégal, ce cadre s’était fixé comme engagement la lutte et la prévention contre les cas de violence qui pourraient survenir durant les futures élections locales. Mais depuis quelques temps, la démarche neutre du  CUDIS est remise en question par Ousmane Sonko, qui a refusé de signer la charte de non-violence initiée par ce cadre. Son président, Cheikh Ahmed Tidiane Sy, a fait quelques précisions dans une contribution ci-dessous.

 

“MON ULTIME COMBAT.
Mon engagement dans le Cadre Unitaire de l’Islam est d’abord d’ordre religieux, parce que l’Islam nous exige la fraternité entre musulmans.
اِنَّمَا الۡمُؤۡمِنُوۡنَ اِخۡوَةٌ فَاَصۡلِحُوۡا بَيۡنَ اَخَوَيۡكُمۡ
Il est ensuite intellectuel parce que nous pensons que les enseignements de nos grandes figures islamiques méritent toute leur place dans notre système éducatif, afin de perpétuer les fondamentaux de paix et de vivre ensemble bien ancrés dans notre pays. Ces enseignements doivent être perpétués auprès des citoyens et des générations à venir.
Enfin. Mon engagement dans le CUDIS est citoyen parce que le contexte des événements du mois de mars nous a amenés à faciliter l’intervention des autorités religieuses pour la pacification de l’espace public.
Force est de constater que le Cadre Unitaire de l’Islam au Sénégal n’est pas une autorité en soit, mais plutôt un organe de réflexion stratégique et d’action pour la promotion du vivre ensemble entre les communautés religieuses au Sénégal.
C’est par la force des choses que le Cadre a été impliqué dans la médiation lors des événements du mois mars 2021.
Au sortir de ce traumatisme sociopolitique, le Cadre a entamé une réflexion stratégique sur une démarche proactive de promotion de la non violence dans l’espace public.
Cette réflexion nous a menés à lancer L’IDÉE D’UNE CHARTE DE NON VIOLENCE basée sur le tryptique :
1.  Respect de l’Etat de droit
2.  Indépendance de la justice
3.  Engagement des acteurs politiques de tous bords à renoncer à la violence.
A ce jour, aucune charte n’a été élaborée. Une série de consultations a été entamée et elle devrait nous amener à rencontrer la classe politique et l’Etat afin de recueillir leurs avis et suggestions sur la démarche à suivre dans le but d’aller vers des élections apaisées dans le respect des lois et règlements.
A ce jour, il ne s’agit pas de signer une charte ou de ne pas signer mais plutôt de faire des propositions allant dans le sens d’apaiser l’espace public, tout en sachant que l’ultime recours pour la garantie et le contrôle du respect des engagements des uns et des autres relèvent de nos autorités religieuses.
Notre pays a besoin du sens de la responsabilité de nos leaders Etatiques et politiques pour retrouver notre statut de grande démocratie que nous commençons à perdre.
Notre problème n’est ni Macky Sall, ni Ousmane Sonko, ni quelque autre homme politique.
Notre problème c’est la classe politique et les mécanismes d’ascension sociale qu’elle adopte pour se maintenir au pouvoir ou pour y accéder.
Notre problème c’est aussi une opinion publique impréparée et mal formée, facilement manipulable parfois même contre ses intérêts.
Au plan contextuel, l’initiative du CUDIS est louable du fait qu’elle apporte une contribution conjoncturelle à nos maux sociétaux.
Au plan structurel, son plan d’action stratégique est primordial pour restaurer les fondamentaux de l’Islam en matière de vivre ensemble et de citoyenneté dans l’ADN des sénégalais, tels que l’ont enseigné les grandes figures islamiques de ce pays.
Pour ma part, quelle que soit l’issue de l’IDEE de CHARTE, je pense profondément que le Cadre aura réussi d’une part, à imposer un agenda de non violence aux hommes politiques de quelques bords qu’ils soient et d’autre part, à poser un débat longtemps dévoyé sur l’implication des religieux dans l’espace public.
Le constat est que l’implication des religieux est plus que nécessaire, non pas seulement pour pacifier l’espace public, mais surtout pour l’assainir, en restaurant les valeurs fondamentales d’éthique et de sens de la citoyenneté, tout en adoptant une posture d’équité et d’impartialité.
Pour cela, il est impératif de rattraper les pertes de valeurs auprès des plus jeunes afin d’épargner les générations futures en leur inculquant tant soit peu une éducation à la paix, à la citoyenneté et à nos valeurs islamiques.
Nous avons tous l’obligation de « Laver le pays (Sangue rewmi) » tel que le rappelait Al Maktoum.
Mais je ne rêve plus et ma lucidité me dit que la guerre sera longue et ardue. Chaque génération aura l’obligation de gagner une bataille.
Pour moi, ce sera mon ultime combat.
P.S. EN CE QUI CONCERNE MA MODESTE PERSONNE, IL Y A EU UNE VIE AVANT LE CADRE ET IL Y EN AURA SUREMENT APRÈS LE CADRE. J’EN ESPERE AUTANT POUR NOS ACTEURS POLITIQUES AU SOIR DU 23 JANVIER 2022.

Je ne perds jamais. Soit je gagne soit j’apprends.
Mandela”

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