Crise frontalière : le document transmis par l’Irak à l’ONU déclenche l’intervention diplomatique de cinq pays du Golfe

Les monarchies du Golfe font front commun pour défendre l’intégrité territoriale du Koweït. Cette mobilisation diplomatique fait suite à une démarche officielle entreprise par l’Irak auprès des Nations Unies, ravivant un différend historique sur les délimitations territoriales dans la région.

Selon les informations rapportées par Al Jazeera, Bagdad a soumis de nouvelles coordonnées maritimes ainsi qu’une carte mise à jour à l’ONU. Les autorités irakiennes justifient cette actualisation en s’appuyant sur la laisse de basse mer pour mesurer leur mer territoriale. Du côté koweïtien, le ministère des Affaires étrangères dénonce une violation de sa souveraineté. Le document irakien intègre des revendications sur des zones maritimes et des éléments fixes, notamment Fasht al-Qaid et Fasht al-Aij, considérés par le Koweït comme relevant de son autorité exclusive et non soumis à un litige. En signe de protestation, le chargé d’affaires irakien a été convoqué samedi par les autorités koweïtiennes.

Face à cette situation, l’Arabie saoudite, le Qatar, les Émirats arabes unis, Bahreïn et l’Oman ont officiellement apporté leur soutien au Koweït. Riyad a exprimé une vive inquiétude, soulignant que les coordonnées transmises par l’Irak empiètent sur la zone neutre partagée entre l’Arabie saoudite et le Koweït. Le royaume saoudien a fermement rejeté toute revendication tierce sur les ressources naturelles de cet espace, appelant Bagdad à respecter les résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU et le droit international.

Le Qatar a fait part de son entière solidarité, exhortant au strict respect de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer de 1982. L’Oman a pour sa part invité l’Irak à prendre en considération les relations historiques entre les deux États et à privilégier les principes de bon voisinage, une position également défendue par les diplomaties émiratie et bahreïnie.

Ce regain de tension s’inscrit dans un contexte juridique inachevé. La frontière terrestre de 216 kilomètres entre les deux pays a été tracée par l’ONU en 1993 après l’invasion du Koweït, mais la délimitation maritime avait été laissée à la discrétion des deux États producteurs de pétrole. Un accord frontalier maritime avait été trouvé en 2012 et ratifié par leurs parlements respectifs en 2013.

Toutefois, la Cour suprême fédérale d’Irak a jugé en 2023 que la ratification de l’accord concernant la navigation dans le bras de mer partagé de Khawr Abd Allah était invalide, arguant que les traités internationaux requièrent l’approbation des deux tiers des membres du parlement. Le Koweït, soutenu par le Conseil de coopération du Golfe, maintient son exigence d’achever la démarcation maritime conformément aux conventions internationales.

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