Crise énergétique à Cuba : le courant à peine rétabli, Donald Trump brandit une nouvelle menace contre l’île

Après des jours de paralysie due à une panne majeure de son réseau électrique, Cuba entrevoit une accalmie technique. Les équipes de maintenance sont parvenues à relancer une infrastructure clé du pays. Pourtant, ce répit temporaire s’inscrit dans un contexte d’asphyxie économique croissante, exacerbée par les récentes orientations de l’administration américaine à l’égard de La Havane.

Selon les informations rapportées par Al Jazeera, la centrale thermoélectrique Antonio Guiteras, dont l’arrêt mercredi avait plongé des millions de personnes dans le noir dans l’ouest du pays, devait reprendre du service ce samedi après-midi. Felix Estrada Rodriguez, ingénieur de haut rang au sein de l’Union électrique de Cuba, a précisé au média d’État Canal Caribe que la panne initiale provenait d’une chaudière défectueuse. Les réparations ont été complexes, l’ingénieur décrivant des interventions dans « un espace confiné avec une température élevée ».

Si cette remise en marche apporte un soulagement immédiat, le système énergétique cubain, vieillissant et fortement dépendant des énergies fossiles, reste au bord de la rupture. Les coupures massives se sont multipliées ces derniers mois, en grande partie sous l’effet du durcissement des sanctions américaines.

Depuis son retour au pouvoir en 2025, le Président Donald Trump a méthodiquement resserré l’étau autour de l’île. À la suite de l’enlèvement et de l’emprisonnement du président vénézuélien Nicolas Maduro, Washington a d’abord coupé les flux financiers et pétroliers vitaux entre Caracas et La Havane. Le 29 janvier dernier, l’exécutif américain est allé plus loin en publiant un décret menaçant de représailles économiques tout pays qui fournirait du pétrole à Cuba. Face à ce blocus énergétique, les autorités cubaines tentent de s’adapter, notamment en important des milliers de panneaux solaires avec l’aide de la Chine.

C’est dans ce climat de vulnérabilité extrême que Donald Trump a précisé ses intentions politiques. Intervenant samedi lors d’un sommet réunissant des dirigeants conservateurs latino-américains, il a ouvertement évoqué un changement de régime à La Havane, le qualifiant de « question de temps » tout en brandissant la menace d’une intervention militaire américaine dans la région. « Cuba est au bout du rouleau. Ils n’ont pas d’argent, ils n’ont pas de pétrole. Ils ont une mauvaise philosophie et un mauvais régime », a-t-il déclaré, affirmant que le gouvernement cubain vivait « ses derniers instants ».

Sur le terrain, les conséquences de ce bras de fer géopolitique pèsent lourdement sur la population. L’Union électrique de Cuba a indiqué que seuls 1 000 mégawatts étaient disponibles samedi, une capacité suffisante pour couvrir moins de la moitié de la demande nationale actuelle. Face à ces pénuries chroniques qui ont déjà déclenché des manifestations lors du récent black-out, le gouvernement cubain a dû annoncer une nouvelle série de mesures d’austérité destinées à rationner l’énergie.

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