Craignant un conflit majeur d’ici 2029, l’Allemagne impose une nouvelle obligation administrative à ses jeunes adultes

Berlin ne cache plus ses ambitions de réarmement. Dans un contexte géopolitique marqué par l’incertitude sur le front de l’Est et des doutes croissants vis-à-vis de l’allié américain, le gouvernement allemand a acté une volonté claire : bâtir la force armée conventionnelle la plus puissante d’Europe. Cette stratégie de montée en puissance se traduit désormais par une mesure concrète et immédiate ciblant directement la jeunesse du pays.

Depuis le début de l’année, une machine administrative silencieuse s’est mise en branle outre-Rhin. Les jeunes hommes ayant atteint l’âge de 18 ans ont commencé à recevoir un document officiel qu’ils ne peuvent ignorer. Il s’agit d’un questionnaire obligatoire destiné à évaluer leur aptitude au service militaire. Si l’engagement reste pour l’heure volontaire, cette collecte de données massive, autorisée par une loi votée le mois dernier, pose les fondations logistiques d’un potentiel retour de la conscription si la situation l’exigeait.

Un objectif chiffré inédit depuis la Guerre froide

Cette démarche administrative s’inscrit dans un plan de redimensionnement drastique de la Bundeswehr. Selon nos sources, qui relaient des informations d’Al Jazeera, l’Allemagne vise un effectif de 260 000 soldats d’active d’ici 2035, contre 184 000 actuellement. À cela s’ajoute l’ambition de doubler la réserve pour atteindre 200 000 hommes. Ces chiffres rapprocheraient l’armée allemande de son format d’un demi-million d’hommes, tel qu’il existait à la fin de la Guerre froide.

Pour attirer les volontaires, Berlin met la main à la poche. Des contrats de 23 mois sont proposés avec des conditions financières attractives : une solde brute d’environ 2 600 euros, qui, grâce à la gratuité du logement et de la couverture médicale, laisse un revenu net substantiel aux jeunes recrues. Timo Graf, chercheur principal au Centre d’histoire militaire de la Bundeswehr, confirme que cette force est déjà « la plus puissante que nous ayons eue depuis 2021 ».

La double inquiétude : Moscou et Washington

Ce réarmement accéléré répond à une perception aiguë de la menace. Les services de renseignement allemands ont identifié l’année 2029 comme une date critique, marquant le moment où la Russie pourrait être en capacité d’attaquer l’OTAN. Cette échéance est devenue, selon les experts, une « date de référence » pour la population et les décideurs, convaincus que Vladimir Putin ne cherche pas réellement la paix en Ukraine.

Mais la menace russe n’est qu’une partie de l’équation. La confiance envers les États-Unis s’est effondrée. Selon des sondages récents, 84 % des Allemands doutent désormais que les USA garantissent la sécurité de l’Europe, une méfiance exacerbée par les positions de Donald Trump. L’ancien commandant des forces américaines en Europe, le général Ben Hodges, n’hésite pas à qualifier la stratégie de sécurité nationale de Trump de « doigt d’honneur géant à l’Europe ».

Une opinion publique transformée

Face à ces constats, la société allemande opère une mue idéologique rapide. Le soutien à l’augmentation des dépenses de défense est passé de 58 % à 65 % en un an. Plus marquant encore, l’idée d’une armée européenne gagne du terrain, soutenue par 57 % de la population, signe d’une volonté d’autonomie stratégique vis-à-vis de Washington.

Moscou, de son côté, observe ces mouvements avec hostilité. L’ambassadeur de Russie en Allemagne, Sergey Nechayev, a accusé Berlin d’accélérer les préparatifs d’une « confrontation militaire à grande échelle ». La propagande russe tente désormais d’exploiter la sensibilité du sujet de la conscription, diffusant l’idée que le gouvernement allemand s’apprête à « envoyer des enfants se faire tuer ».

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