Convoqué par les députés français, Vincent Bolloré devra justifier le maintien à l’antenne de cet animateur malgré sa condamnation judiciaire

Les travaux de la commission d’enquête parlementaire sur l’audiovisuel public en France prennent une tournure décisive avec l’annonce faite ce mercredi sur Franceinfo. Jérémie Patrier-Leitus, président de ladite commission, a confirmé que l’actionnaire majoritaire du groupe Banijay devra s’expliquer devant la représentation nationale. Une audition programmée pour la fin du mois de février qui ciblera une décision éditoriale et éthique particulièrement contestée.

L’échéance est fixée aux deux dernières semaines de février. C’est dans ce créneau que le milliardaire Vincent Bolloré devra répondre aux questions des députés. Si la convocation vise officiellement sa qualité d’actionnaire majoritaire du groupe Banijay, l’objectif des parlementaires se concentre sur une problématique précise touchant à l’éthique des médias.

Selon les informations relayées par l’agence Anadolu, l’audition portera spécifiquement sur le maintien à l’antenne de l’animateur Jean-Marc Morandini. Ce dernier, figure du paysage audiovisuel français, a été définitivement condamné en janvier pour corruption de mineurs et figure désormais au fichier des auteurs d’infractions sexuelles. Jérémie Patrier-Leitus a exprimé sans détour la position qui guidera les échanges : « Ce n’est pas normal qu’une personne condamnée définitivement pour corruption de mineurs soit maintenue à l’antenne ».

Jean-Marc Morandini officie actuellement sur CNews, une chaîne du groupe Canal+ dont Vincent Bolloré est l’actionnaire de référence. Cette situation a créé des remous bien au-delà de l’hémicycle, provoquant des réactions au sein même de la rédaction de la chaîne d’information. Des figures de l’antenne comme Sonia Mabrouk, Pascal Praud ou Laurence Ferrari ont exprimé leur désaccord face à cette situation, une position partagée par Philippe de Villiers et Le Journal du Dimanche.

Le député du parti Horizons a toutefois tenu à préciser le cadre juridique de cette convocation pour éviter tout vice de procédure. « Je ne convoque pas Vincent Bolloré parce qu’il est propriétaire de chaînes privées, je respecte le périmètre de la commission », a-t-il souligné. L’angle d’attaque des parlementaires reste donc l’examen des dysfonctionnements globaux du paysage audiovisuel, utilisant le cas Morandini comme un exemple symptomatique des tensions entre impératifs commerciaux et responsabilité éthique.

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