Contraint par l’ampleur du boycott, le mode opératoire discret désormais adopté par l’industrie israélienne à l’étranger

Alors que l’attention médiatique internationale tend à se déplacer vers l’Ukraine ou les tensions avec l’Iran, une guerre économique silencieuse continue de produire des effets tangibles sur le terrain. En dépit des annonces de cessez-le-feu et d’une certaine lassitude diplomatique, la pression exercée sur l’économie israélienne ne faiblit pas. Au contraire, elle force désormais les responsables commerciaux de l’État hébreu à revoir radicalement leurs stratégies d’exportation, allant jusqu’à modifier la visibilité de leurs opérations à l’international.

**Une reconnaissance officielle des difficultés commerciales**

Si le mouvement Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS) doit composer avec une actualité mondiale changeante, son impact structurel est aujourd’hui admis par les autorités israéliennes elles-mêmes. Selon des propos rapportés par notre source Al Jazeera, Avi Balashnikov, président de l’Institut israélien de l’exportation, a concédé que le paysage commercial mondial avait changé.

L’aveu est significatif : face aux défis majeurs posés par les organisations de boycott, l’industrie israélienne se voit contrainte, dans certains pays, d’opérer « sous les radars ». Cette stratégie de dissimulation vise à contourner une hostilité commerciale croissante, illustrée par le retrait de fonds de pension en Espagne, en Norvège, au Danemark, en France et en Irlande, qui se sont délestés d’actifs liés aux colonies ou d’entreprises associées à Israël.

**Les grandes multinationales sous pression**

Le parallèle avec le mouvement contre l’apartheid sud-africain des années 1980, souvent évoqué par les militants, trouve un écho dans les difficultés rencontrées par des géants économiques. La chaîne de supermarchés française Carrefour a dû fermer plusieurs points de vente au Moyen-Orient face à la colère publique suscitée par ses liens avec des entreprises opérant dans les colonies de Cisjordanie occupée.

D’autres acteurs majeurs comme Airbnb, critiqué pour les locations dans les colonies illégales, ou Microsoft, dont les services cloud Azure soutiennent l’armée israélienne, font face à des dissensions internes et à des risques réputationnels. Pour l’historien Nick Cull, interrogé par le média qatari, la puissance d’un boycott est « cumulative », créant un réflexe de rejet négatif durable envers une marque ou une origine, au-delà du simple débat logique.

**L’UEFA dans le viseur des activistes**

Au-delà de l’économie, l’isolement culturel et sportif constitue le nouveau front de cette campagne. L’initiative « Game Over Israel », menée par le stratège politique Ashish Prashar, cible désormais l’instance dirigeante du football européen, l’UEFA. L’argumentaire dépasse la simple indignation morale pour toucher au pragmatisme financier des clubs et des villes hôtes.

La campagne met en avant le coût exorbitant de la sécurisation des matchs impliquant des équipes israéliennes, une charge que de nombreuses municipalités ne peuvent assumer. Cette situation entraîne souvent des huis clos ou des délocalisations, privant les clubs de recettes de billetterie. L’objectif affiché est d’obtenir la suspension d’Israël des compétitions européennes, en invoquant l’intégrité du jeu et la normalisation inacceptable d’un État dont les dirigeants, dont le Premier ministre Benjamin Netanyahu, sont visés par des mandats d’arrêt de la Cour pénale internationale.

**Un cessez-le-feu en trompe-l’œil**

Cette intensification des actions de boycott intervient alors que la situation sur le terrain reste critique. Malgré l’accord de trêve négocié par les États-Unis en octobre, les attaques israéliennes sur Gaza ont causé la mort de plus de 500 personnes depuis cette date. Saleh Hijazi, coordinateur politique du mouvement BDS, dénonce une manœuvre visant à « blanchir l’image mondiale » d’Israël et à étouffer l’indignation internationale, alors que les restrictions sur l’accès à la nourriture et aux médicaments perdurent dans l’enclave palestinienne.

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Un commentaire

  1. Ces boycottes iront en s’amplifiant. La chute économique de votre protecteur l’Amérique (USA) est imminente et vous amènera avec elle.

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