Conseil de sécurité de l’ONU : le nombre exact de sièges permanents que Berlin réclame désormais pour l’Afrique

En déplacement diplomatique en Éthiopie, la diplomatie allemande a remis sur la table la question de la réforme des institutions internationales. Au-delà des simples déclarations d’intention, Berlin a profité de cette visite pour formuler une demande chiffrée précise concernant la place du continent africain au sein de l’instance décisionnelle suprême des Nations Unies.

La question de la représentativité de l’Afrique au Conseil de sécurité de l’ONU est un débat récurrent qui peine souvent à se concrétiser par des avancées tangibles. C’est dans ce contexte que le ministère allemand des Affaires étrangères a clarifié sa position officielle ce jeudi, en marge de la visite du ministre Johann Wadephul à Addis-Abeba.

Une revendication institutionnelle claire

Selon les informations rapportées par l’agence Anadolu, l’Allemagne appelle formellement à l’attribution de deux sièges permanents aux États africains au sein du Conseil de sécurité. Pour Berlin, il s’agit d’une nécessité absolue pour que le continent soit représenté de « manière adéquate » dans les institutions mondiales.

Le ministère allemand a justifié cette position en qualifiant l’Union africaine (UA) de « partenaire naturel » pour l’Europe. Cette convergence de vues s’appuie, selon la diplomatie allemande, sur une conviction commune que « l’intégration et la coopération fondée sur des règles » renforcent les nations, tout en insistant sur le respect de l’intégrité territoriale et de la souveraineté politique.

Renforcement de l’axe Berlin-Addis-Abeba

Cette prise de position politique s’accompagne d’un agenda diplomatique chargé. Johann Wadephul a annoncé la tenue d’un nouveau dialogue stratégique visant à élever le partenariat avec l’UA à un niveau supérieur. Une collaboration qui se matérialisera très prochainement par la coorganisation d’une conférence sur le Soudan, prévue le 15 avril à Berlin.

Sur le plan bilatéral, le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed s’est entretenu avec l’émissaire allemand pour discuter de la stabilité dans la Corne de l’Afrique. Les échanges ont porté sur les tensions persistantes dans le nord de l’Éthiopie, notamment au Tigré, et les relations complexes avec l’Érythrée. Johann Wadephul a souligné la responsabilité d’Addis-Abeba dans l’équilibre pacifique de la région.

L’Allemagne demeure un partenaire économique majeur pour l’Éthiopie. En décembre dernier, Berlin s’était engagé à débloquer 206 millions d’euros de nouveaux financements pour soutenir le développement du pays, confirmant ainsi l’importance stratégique de cet axe de coopération.

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