La stabilité de la Corne de l’Afrique et la sécurité du bassin de la mer Rouge ont fait l’objet d’une analyse approfondie ce mardi à Ankara. Lors d’un panel organisé par le Centre d’études sur le Moyen-Orient (ORSAM), des diplomates et experts se sont penchés sur les crises multiples qui secouent cette zone stratégique, remettant en question l’efficacité des méthodes traditionnellement employées pour résoudre les conflits.
L’événement, intitulé « L’Union européenne (UE) dans la Corne de l’Afrique : Opportunités et défis », a permis de dresser un état des lieux des tensions actuelles, notamment au Soudan et en Somalie. Sous la modération de Kadir Temiz, président de l’ORSAM, les discussions ont rapidement convergé vers les limites des approches sécuritaires actuelles dans une région vitale pour le commerce mondial via le détroit de Bab el-Mandeb.
Annette Weber, Représentante spéciale de l’UE pour la Corne de l’Afrique, a profité de cette tribune relayée par Anadolu pour livrer une analyse sans concession sur la gestion de ces crises. Le constat posé est clair : les solutions strictement militaires ne sont pas durables. Selon les échanges tenus lors de ce panel, l’usage de la force, sans une stratégie politique sous-jacente, ne permet pas de garantir une paix pérenne dans la région.
Pour Bruxelles, la sortie de crise repose sur un changement de paradigme. Il a été souligné que la paix ne peut être imposée de l’extérieur, mais doit impérativement émerger sous la direction des acteurs locaux. L’appropriation régionale est présentée comme la condition sine qua non de la stabilité, privilégiant des approches pragmatiques fondées sur la négociation plutôt que sur la confrontation armée.
Dans ce schéma, le rôle de l’Union européenne se redéfinit. Loin de dicter la conduite à tenir, l’UE envisage son action comme un soutien complémentaire aux solutions dirigées par l’Afrique. Cette coopération se matérialise par l’aide humanitaire et la protection des infrastructures civiles, tout en reconnaissant que les clés de la gouvernance et de la sécurité restent entre les mains des décideurs africains.