En visite à Kiev pour réitérer le soutien de l’Alliance atlantique, le Secrétaire général Mark Rutte s’est exprimé devant le Parlement ukrainien sur la nature des engagements occidentaux à long terme. Au-delà des livraisons d’armes actuelles, le chef de l’OTAN a esquissé les contours d’une présence physique des alliés, conditionnée à l’évolution du conflit.
L’objectif affiché par Mark Rutte est de dissiper ce qu’il qualifie d’illusion du président russe Vladimir Poutine, qui parie sur l’usure du soutien occidental. Selon les informations rapportées par l’agence Anadolu, le Secrétaire général a insisté sur le caractère « inébranlable » de l’appui à Kiev, affirmant que l’Ukraine reste d’une importance vitale pour la sécurité de l’Alliance.
**Une présence physique après l’accord**
C’est sur la question des garanties de sécurité post-conflit que Mark Rutte a apporté les précisions les plus significatives. Évoquant la nécessité de garanties « robustes » pour permettre à l’Ukraine de bâtir la paix avec la Russie, il a détaillé la forme que prendrait cet engagement une fois un accord trouvé.
« Il y aura des soldats sur le terrain, des jets dans les airs et des navires en mer Noire », a déclaré le patron de l’OTAN. Il précise que certains alliés européens ont déjà annoncé leur intention de déployer des troupes dans ce cadre spécifique. Dans cette configuration, les États-Unis assureraient une garantie en arrière-plan, tandis que la présence opérationnelle directe impliquerait d’autres membres de la « Coalition des Volontaires ».
**Le mécanisme PURL et l’état des stocks**
Pour l’immédiat, le soutien passe par la « Liste des besoins prioritaires de l’Ukraine » (PURL). Mark Rutte a souligné l’efficacité de ce mécanisme financé par les alliés : depuis l’été dernier, il a permis de fournir environ 75 % des missiles pour les batteries Patriot ukrainiennes et 90 % des missiles destinés aux autres systèmes de défense aérienne.
Reconnaissant que la guerre nécessite des « choix difficiles », le Secrétaire général a noté que les gains russes sur le front demeurent lents et coûteux, malgré la volonté de Moscou de sacrifier un nombre important de soldats. Il a exhorté les alliés à puiser au maximum dans leurs stocks pour répondre aux besoins urgents de Kiev, concluant son intervention par une métaphore saisonnière : « L’hiver peut être froid, mais le printemps viendra assurément. »