Le calme précaire qui règne à l’Université Gaston Berger (UGB) de Saint-Louis ne signale pas encore la fin des hostilités. Après une série d’affrontements entre les forces de l’ordre et les pensionnaires de Sanar, la situation demeure volatile. Loin de s’orienter vers une désescalade immédiate, les représentants des étudiants maintiennent une position de fermeté, refusant toute rencontre protocolaire sans avancées tangibles sur le terrain social et pédagogique.
La Coordination des étudiants de Saint-Louis (CESL) a clairement défini sa posture : il n’y aura pas de retour à la normale sans un traitement de fond des dossiers en souffrance. Selon les éléments relayés par nos confrères de Kawtef, la structure estudiantine dénonce une volonté des autorités de « stigmatiser » les étudiants plutôt que de s’attaquer aux causes structurelles du mécontentement. Pour la CESL, l’heure n’est plus aux promesses, mais aux actes posés.
Au cœur de ce bras de fer se trouve la question cruciale des allocations financières. Les étudiants exigent le paiement immédiat des rappels de bourses destinés aux étudiants en Master 2, ainsi que la révision de la baisse jugée injustifiée des allocations pour les inscrits en Licence 2. Ces revendications pécuniaires s’ajoutent à un quotidien marqué par la fermeture des restaurants universitaires, une situation que la coordination qualifie de « ligne rouge ».
Le volet infrastructurel pèse tout aussi lourd dans la balance. La CESL pointe du doigt l’arrêt des chantiers du village O, exacerbant une crise du logement déjà aiguë sur le campus, couplée à un manque criant de connectivité internet indispensable aux activités académiques. Qualifiant la restauration actuelle d’« insuffisante et inhumaine » et les appels au calme de « dialogue de façade », la coordination avertit que l’absence de solutions rapides sur ces points précis pourrait conduire à une aggravation significative de la tension dans les jours à venir.