Commémorations en Australie : derrière le deuil officiel, le profil du commerçant qui s’est interposé physiquement lors de l’attaque

L’Australie s’est figée ce jeudi pour une journée de deuil national, marquant le souvenir des victimes de la fusillade de masse survenue le mois dernier à Bondi Beach, à Sydney. Alors que les drapeaux ont été mis en berne à travers tout le pays, les autorités ont orchestré une série d’hommages pour commémorer ce qui constitue l’attaque la plus meurtrière sur le sol australien depuis trois décennies.

Une minute de silence a été observée à 19h01, heure de Sydney (08h01 GMT), figeant le pays dans le recueillement. Des services commémoratifs se sont tenus à l’Opéra de Sydney ainsi qu’à la Chabad House de Bondi, centre névralgique de la communauté juive locale, particulièrement ciblée lors du drame. Le gouvernement a déployé des installations lumineuses à Canberra et dans plusieurs autres villes, symbolisant chaque vie perdue sous le thème « La lumière gagnera ».

Au-delà de la solennité des cérémonies, l’attention nationale s’est portée sur les actes de bravoure qui ont permis de limiter le bilan humain. Parmi les intervenants honorés figure Ahmed al-Ahmed, un propriétaire de magasin à Bondi. Selon les récits confirmés lors des hommages, cet homme n’a pas hésité à lutter physiquement avec l’un des assaillants pour lui arracher son arme, un geste salué par le Premier ministre Anthony Albanese.

« Quand nous regardons Bondi, nous ne voyons pas seulement une plage », a déclaré le chef du gouvernement australien. « C’est un endroit où rien ne devrait se briser, sauf les vagues, mais beaucoup de choses se sont brisées cette nuit-là. » Anthony Albanese a qualifié l’événement d’attaque tragique non seulement contre les Australiens de confession juive, mais contre « le mode de vie australien ».

Le drame, survenu le 14 décembre, a coûté la vie à 15 personnes, dont une grande majorité de confession juive et un enfant de 10 ans. Les auteurs de l’attaque, identifiés par la police comme étant inspirés par le groupe État islamique (EI), agissaient dans un cadre familial. Sajid Akram, un ressortissant indien de 50 ans arrivé en Australie en 1998, a été abattu par la police sur les lieux. Son fils de 24 ans, Naveed, né en Australie, a été arrêté et inculpé de terrorisme et de 15 meurtres.

En réponse directe à cette tragédie rapportée par Al Jazeera, le parlement australien a approuvé cette semaine un durcissement significatif de la législation sur les armes à feu. Les nouvelles mesures incluent un programme de rachat d’armes et des contrôles plus stricts pour l’obtention de permis. Parallèlement, une commission royale a été lancée pour enquêter sur l’antisémitisme et la cohésion sociale, s’inscrivant dans une répression plus large des crimes de haine.

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