La Fondation Mohammed VI des Sciences et de la Santé (FM6SS), en partenariat avec l’African Academy of Health Sciences (AAHS), a clôturé ce samedi à Dakhla le premier Sommet africain dédié aux systèmes de santé et à la souveraineté sanitaire. Pendant trois jours, plus de 250 experts présents sur place et près d’un millier de participants en ligne ont débattu des priorités épidémiologiques, des politiques publiques et des enjeux de gouvernance d’un continent en quête de résilience. Au terme des travaux, la “Déclaration de Dakhla” fixe désormais le cap pour permettre à l’Afrique de reprendre en main sa souveraineté sanitaire.
Pour le mot de clôture, le professeur Youns Bjijou, président du comité d’organisation, a livré un discours dense en dévoilant la Déclaration de Dakhla, présentée comme une feuille de route stratégique pour « une Afrique maîtresse de sa santé et de son avenir ».
« Nous sommes lucides sur nos vulnérabilités », a reconnu d’entrée le Pr Bjijou, rappelant que les crises récentes ont mis à nu « la fragmentation de nos systèmes, les inégalités d’accès et surtout notre dépendance critique vis-à-vis des importations de médicaments, de vaccins et de technologies ». Une dépendance qui, selon lui, constitue « un enjeu de sécurité continentale ».
Le président du comité d’organisation a fortement inscrit cette démarche dans la « vision éclairée de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu L’assiste », qui a fait de la santé « un pilier essentiel de la souveraineté nationale et du développement humain ».
La Déclaration de Dakhla repose sur cinq piliers structurants :
- Santé publique et épidémiologie, pour « faire de la prévention la pierre angulaire des politiques publiques ».
- Infrastructures et accès équitable, afin d’étendre les soins de proximité et de sécuriser les chaînes d’approvisionnement.
- Formation et capital humain, avec un appel à « investir massivement pour enrayer la fuite des compétences ».
- Financement et gouvernance, pour renforcer la transparence et la redevabilité.
- Recherche et innovation, avec l’ambition d’accélérer les pôles de production de technologies et produits de santé, notamment via l’intégration de l’intelligence artificielle.
Déclinée sur un calendrier progressif jusqu’en 2030, la feuille de route prévoit dès 2026 la priorisation de la prévention et de la formation, puis l’accent en 2027 sur l’accès aux médicaments et vaccins. En 2028, place à l’évaluation rigoureuse des politiques et au renforcement des partenariats public-privé ; 2029 sera consacrée à la résilience et à la préparation stratégique. L’horizon 2030 vise « l’achèvement de notre souveraineté sanitaire ».
Le Pr Bjijou a également lancé « un appel solennel » aux gouvernements, universités, secteurs privés et partenaires internationaux pour soutenir cette dynamique : « Faisons de cette décennie celle de la Renaissance sanitaire africaine ».
Dans la cité atlantique de Dakhla, ce premier sommet aura marqué un tournant : celui d’une Afrique qui entend désormais parler d’une seule voix pour bâtir des systèmes de santé robustes, autonomes et alignés sur ses propres priorités. Le rideau est tombé sur un rendez-vous que beaucoup décrivent déjà comme fondateur.

