Climat : Une note confidentielle dévoile l’ultimatum posé par l’administration Trump au Vanuatu

Une bataille diplomatique intense se joue actuellement dans les couloirs des Nations Unies. Alors qu’une coalition de pays insulaires tente de faire valider juridiquement les obligations climatiques des États, l’administration américaine a lancé une contre-offensive majeure pour bloquer le processus avant le vote final.

La diplomatie américaine a décidé de passer à la vitesse supérieure. Face à la tentative de plusieurs nations vulnérables de graver dans le marbre les responsabilités climatiques des grandes puissances, Washington mobilise son réseau pour stopper net l’initiative. L’objectif est clair : éviter que le droit international ne contraigne les politiques énergétiques nationales.

Selon les éléments d’un câble diplomatique obtenus par nos confrères d’Al Jazeera, le département d’État américain a envoyé des instructions formelles à ses ambassades et consulats cette semaine. La consigne est de faire pression sur les gouvernements étrangers pour qu’ils incitent le Vanuatu à retirer immédiatement son projet de résolution à l’ONU. Ce texte vise à entériner l’avis consultatif historique rendu l’année dernière par la Cour internationale de Justice (CIJ), qui stipule que les États ont l’obligation légale d’agir contre la menace existentielle du changement climatique.

Dans cette note interne, l’administration de Donald Trump exprime sa « ferme objection » à la démarche du Vanuatu. Washington estime que le projet de résolution s’appuie sur des « modèles climatiques spéculatifs » pour fabriquer de toutes pièces des obligations juridiques. Le document américain met en garde contre la création d’une voie permettant de poursuivre des « réclamations sans fondement », craignant visiblement une multiplication des contentieux internationaux contre les pays les plus émetteurs de gaz à effet de serre.

Cette offensive diplomatique intervient alors que le Vanuatu, soutenu par 132 pays lors de la saisine initiale de la CIJ, espère soumettre sa résolution au vote d’ici la fin du mois de mars. L’ambassadeur du Vanuatu à l’ONU, Odo Tevi, défend un texte censé renforcer la coopération multilatérale. Le projet bénéficie déjà du soutien affiché de nations comme le Burkina Faso, le Kenya, la Colombie ou encore les Pays-Bas. Pour Louis Charbonneau, directeur de Human Rights Watch à l’ONU, les gouvernements ne devraient pas se laisser « intimider » par ceux qui rejettent le consensus scientifique.

Le contexte politique américain pèse lourdement sur ce dossier. Donald Trump, qui a promis de relancer massivement les forages pétroliers durant son second mandat, a déjà acté le retrait des États-Unis de plusieurs instances climatiques onusiennes. Au-delà de la pression sur le Vanuatu, l’administration américaine a également menacé de sanctions les diplomates ayant voté pour une taxe sur les carburants polluants maritimes, confirmant une ligne dure face aux mécanismes de régulation environnementale mondiale.

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