Le paysage économique du football mondial connaît une reconfiguration majeure. Si les géants espagnols conservent leur suprématie au sommet de la pyramide financière, une rupture historique s’est opérée au sein du championnat anglais, reléguant l’une de ses institutions les plus solides à une position inédite dans les classements financiers.
Selon le rapport annuel Football Money League du cabinet Deloitte, publié ce jeudi et relayé par Al Jazeera, les vingt clubs les plus riches du monde ont généré un revenu record de 12,4 milliards d’euros, soit une augmentation de 11 %. Au cœur de cette croissance, le Real Madrid confirme son statut de puissance intouchable. Le club espagnol conserve la première place avec 1,16 milliard d’euros de revenus pour la saison 2024-2025, et ce, malgré l’absence de titre en Liga ou en Ligue des champions sur la période concernée.
La Maison Blanche a su tirer profit d’une augmentation massive de 23 % de ses recettes commerciales, portées par le merchandising et les partenariats corporatifs, atteignant 594 millions d’euros. Le podium est complété par le FC Barcelone (975 millions d’euros) et le Bayern Munich (861 millions d’euros), devançant le Paris Saint-Germain, quatrième avec 837 millions d’euros.
Le basculement historique en Premier League
L’enseignement majeur de ce rapport se situe cependant outre-Manche. Pour la première fois dans l’histoire de ce classement, Liverpool a dépassé Manchester United pour devenir le club de Premier League générant le plus de revenus. Les Reds se classent cinquièmes au niveau mondial avec 836 millions d’euros, réalisant ainsi la meilleure performance financière jamais enregistrée par un club anglais en 29 ans d’analyse.
À l’inverse, la trajectoire de Manchester United marque un recul significatif. Les Red Devils chutent de la quatrième à la huitième place, avec des revenus s’élevant à 793 millions d’euros. Il s’agit de la position la plus basse jamais occupée par le club mancunien dans ce classement, qu’il a pourtant dominé à dix reprises par le passé.
Cette baisse s’explique en partie par une saison précédente difficile, terminée à la 15e place en championnat, et par des perspectives assombries par l’absence de compétition européenne cette saison. Tim Bridge, partenaire principal du Sports Business Group de Deloitte, souligne cette perte d’influence : « Si l’on remonte à 10 ou 15 ans, les revenus de jour de match de Manchester United étaient les leaders du secteur. Leur capacité à générer des revenus commerciaux était la référence du marché. Je ne pense pas que ce soit encore le cas. »
La concurrence américaine et saoudienne
D’autres clubs anglais figurent dans le top 10, notamment Manchester City (6e), Arsenal (7e), Tottenham (9e) et Chelsea (10e). Le rapport note également une évolution des sources de revenus globaux : les recettes de jour de match ont bondi de 16 %, tandis que les revenus de diffusion ont augmenté de 10 %, aidés par l’expansion de la Coupe du Monde des Clubs de la FIFA.
Enfin, Deloitte pointe l’émergence de nouveaux acteurs susceptibles de contester l’hégémonie européenne. La montée en puissance de certains clubs de la Saudi Pro League et de l’Inter Miami en Major League Soccer (MLS) est identifiée comme un facteur de changement futur, notamment dans la perspective de la Coupe du Monde 2026 aux États-Unis.