L’affaire Jeffrey Epstein continue de provoquer des remous au sommet de l’État américain. Auditionné mardi par la commission des crédits du Sénat à Washington, le secrétaire au Commerce, Howard Lutnick, a dû s’expliquer sur la présence de son nom dans les documents récemment déclassifiés par le ministère de la Justice. Alors qu’il tentait initialement de minimiser ses interactions avec le financier décédé, le haut responsable a été amené à confirmer un déplacement spécifique sur l’île privée des Caraïbes.
Face aux interrogations du sénateur démocrate Chris Van Hollen, Howard Lutnick a reconnu la matérialité de ce voyage effectué en 2012. Jusqu’ici, le secrétaire au Commerce maintenait n’avoir « pratiquement rien eu à faire » avec Jeffrey Epstein. Cette audition a permis de lever le voile sur la nature exacte de cette visite, qui intervient dans un dossier où les moindres détails sont scrutés par l’administration et l’opinion publique.
Pour sa défense, Howard Lutnick a décrit un cadre strictement familial et une durée limitée. Selon les propos relayés par Anadolu, il a expliqué s’être rendu sur l’île lors de vacances en bateau. « J’ai déjeuné avec lui lors d’une traversée […] Ma femme, mes quatre enfants et leurs nounous étaient avec moi », a-t-il précisé sous serment. Il a insisté sur le fait que la rencontre n’a duré qu’une heure, en présence d’un autre couple, et que tout le groupe est reparti ensemble immédiatement après le repas.
Si les faits sont désormais établis, le motif exact de cette escale reste flou. Le secrétaire au Commerce a admis ne pas pouvoir justifier la raison de ce détour : « Je ne me souviens plus pourquoi nous l’avons fait, mais nous l’avons fait. » Il a toutefois fermement rejeté toute insinuation de comportement inapproprié, bien que ce déplacement ait eu lieu quatre ans après la première condamnation d’Epstein en Floride pour prostitution de mineure.
Cette déclaration s’inscrit dans une vague de révélations plus large. Fin janvier, le ministère de la Justice a rendu publics plus de trois millions de documents relatifs au réseau Epstein. Ces archives contiennent les noms de multiples figures mondiales, incluant les anciens présidents américains Bill Clinton et Donald Trump, le prince Andrew ou encore l’ancien Premier ministre israélien Ehud Barak, exposant ainsi l’étendue des connexions du financier avant son décès en prison en 2019.