Alors que la Côte d’Ivoire attend la nomination de son nouveau gouvernement d’ici la fin du mois de janvier, les spéculations vont bon train sur la composition de la future équipe. Dans ce contexte de reconfiguration politique, consécutif à la démission du Premier ministre Robert Beugré Mambé, des rumeurs persistantes faisaient état d’un possible rapprochement entre le pouvoir en place et l’opposition historique.
Face à ces allégations qui ont enflé tout le week-end, le Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI) a tenu à clarifier officiellement sa position ce dimanche 18 janvier.
Selon les informations relayées par Agence Afrique, la formation politique de l’ex-président Laurent Gbagbo a formellement démenti l’existence de négociations visant à intégrer le futur exécutif. La direction du parti qualifie ces bruits de couloirs d’« interprétations erronées et volontairement manipulées », coupant court à toute hypothèse de participation aux affaires sous l’actuelle mandature.
**L’origine du malentendu**
La polémique trouve sa source dans une intervention médiatique datée du 16 janvier. Emmanuel Ackah, directeur de cabinet de Laurent Gbagbo, s’était exprimé sur la chaîne 7info. En sa qualité de Coordonnateur général de l’Initiative pour la Libération des Prisonniers d’Opinion (ILPO), il avait abordé la question des échanges avec les autorités concernant le sort des détenus.
Le PPA-CI précise aujourd’hui que ces propos s’inscrivaient « exclusivement » dans le cadre d’une mission humanitaire et républicaine. Pour la direction du parti, il est impossible d’assimiler ces démarches techniques à un « ralliement politique » ou à une quelconque reconnaissance de la légitimité du régime en place.
**Une opposition maintenue au « quatrième mandat »**
Dans son communiqué, le parti d’opposition réaffirme une ligne de conduite décrite comme « claire, constante et non négociable ». Le texte rappelle l’opposition ferme du mouvement au quatrième mandat du président Alassane Ouattara, qualifié d’« illégitime » par le camp Gbagbo. La formation politique assure qu’elle « n’entrera jamais dans un gouvernement issu d’un braquage électoral ».
Cette mise au point intervient alors que le paysage politique ivoirien est dominé par la récente réélection d’Alassane Ouattara en octobre 2025, crédité de près de 90 % des voix, et la victoire du RHDP aux législatives de fin décembre avec plus de 75 % des sièges. La direction du PPA-CI a par ailleurs invité ses militants à la vigilance face aux tentatives de « confusion », réitérant que sa priorité demeure la libération des prisonniers d’opinion.