Cisjordanie : un 11e citoyen américain tué depuis 2022, la décision de l’administration Trump face aux colons armés

La mort de Nasrallah Abu Siyam, un citoyen américain de 19 ans abattu par des colons israéliens en Cisjordanie occupée, met en lumière le traitement réservé par Washington à ses binationaux. Si le département d’État américain affirme que la sécurité de ses ressortissants constitue sa priorité absolue, les organisations de défense des droits civiques dénoncent une inaction gouvernementale face à une série de violences meurtrières.

Le jeune homme a été mortellement touché dans le village de Mikhmas, près de Jérusalem. Selon les informations rapportées par Al Jazeera, il fait partie d’au moins onze citoyens américains tués par des colons ou des soldats israéliens depuis 2022. Des dossiers précédents, tels que les meurtres de Khamis Ayyad ou de Sayfollah Musallet l’année dernière, n’ont abouti à aucune inculpation en Israël, ni à l’ouverture d’enquêtes par le département américain de la Justice.

Face à ce bilan, plusieurs associations réclament que l’aide militaire américaine — qui s’élève à plus de 21 milliards de dollars sur les deux dernières années — soit utilisée comme levier de pression pour exiger des sanctions. Le président Donald Trump a toutefois écarté cette option. Peu après son retour à la Maison-Blanche, il a officiellement révoqué les sanctions existantes qui ciblaient des colons violents impliqués dans des exactions documentées contre des Palestiniens.

L’approche de la représentation diplomatique américaine suscite également de vives réactions. L’ambassadeur des États-Unis en Israël, Mike Huckabee, n’a publié aucune déclaration concernant la mort de Nasrallah Abu Siyam, bien qu’il ait partagé plus de 40 messages sur les réseaux sociaux la semaine dernière pour défendre la politique israélienne. Lors d’une récente interview, le diplomate a même suggéré qu’il approuverait une expansion territoriale d’Israël sur plusieurs pays voisins.

Pour le Comité américano-arabe anti-discrimination (ADC), ces prises de parole publiques s’apparentent à un feu vert donné aux forces israéliennes pour intensifier les violences, dans un contexte de pression foncière et politique inédite sur les territoires occupés.

Charles Blaha, ancien cadre du département d’État américain, souligne que cette posture diplomatique alimente directement l’atmosphère d’impunité sur le terrain. L’absence de mesures concrètes suggère, selon lui, que les citoyens américains d’origine palestinienne ne bénéficient pas d’un traitement prioritaire de la part de leur propre gouvernement.

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