Ciblée par une motion de censure, la décision d’Ursula von der Leyen qui a éclipsé le fond du dossier Mercosur

L’ambiance était électrique lundi au Parlement européen, où l’avenir de la Commission était mis dans la balance. Au centre des débats : l’accord commercial controversé entre l’Union européenne et le Mercosur, signé récemment après deux décennies de tractations. Si la motion de censure déposée par le groupe d’extrême droite « Patriotes pour l’Europe » visait à sanctionner la gestion de ce dossier, c’est un tout autre élément, visuel et symbolique, qui a immédiatement capté l’attention et attisé les tensions dans l’hémicycle.

**Une chaise vide qui passe mal**

Alors que les parlementaires discutaient de la potentielle destitution de l’exécutif européen, l’absence physique d’Ursula von der Leyen a rapidement pris le pas sur les arguments techniques. La présidente de la Commission européenne n’était pas présente pour répondre aux accusations de contournement des procédures démocratiques et de préjudice causé aux agriculteurs européens.

Cette absence a été vivement dénoncée par les initiateurs de la motion. Kinga Gal, représentante de « Patriotes pour l’Europe », y a vu une marque de « mépris » non seulement envers l’institution parlementaire, mais également envers les milliers d’agriculteurs qui manifestent actuellement à travers le continent. Pour Manon Aubry, du groupe de gauche The Left, cette posture confirme que la Commission « bafoue la démocratie », ajoutant que si la présidente a causé « trop de dégâts », l’extrême droite ne constitue pas pour autant une alternative crédible.

**La défense de Bruxelles**

Face à la fronde, c’est Maros Sefcovic, le commissaire européen au Commerce, qui a assuré la défense de l’institution. Selon les informations rapportées par l’agence Anadolu, il a réaffirmé l’attachement de Bruxelles au dialogue avec les États membres. Il a tenu à préciser qu’aucune décision définitive n’avait été prise sur l’application provisoire de l’accord et a mis en avant des garanties « sans précédent » introduites pour protéger les secteurs sensibles de l’économie européenne.

**Un vote à l’issue quasi certaine**

Malgré la virulence des critiques sur la forme et le fond de l’accord avec le bloc sud-américain (Brésil, Argentine, Paraguay, Uruguay), la motion de censure, qui sera soumise au vote ce jeudi, a peu de chances d’aboutir. La survie de la Commission semble assurée par une convergence d’intérêts entre les principaux groupes politiques.

Le Parti populaire européen (PPE), famille politique d’Ursula von der Leyen, a par la voix de Jeroen Lenaers refusé que la censure devienne un « instrument de campagne ». Même son de cloche du côté des Socialistes et Démocrates (S&D) et de Renew Europe. Bien que sceptiques sur certains aspects du traité, ces groupes privilégient la stabilité institutionnelle face aux pressions géopolitiques actuelles et aux tensions croissantes avec les États-Unis. L’accord, signé samedi au Paraguay, devra toutefois franchir l’étape cruciale de la ratification parlementaire pour entrer en vigueur.

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