Ce préalable financier sans lequel Khadim Diouf exclut toute avancée dans les négociations avec l’État

La crise universitaire qui secoue le Sénégal depuis la fin de l’année 2025 semble loin de son épilogue. Alors que les tentatives de dialogue se multiplient pour ramener le calme dans les campus, la coordination des étudiants durcit le ton. Invité ce dimanche sur les ondes de Sud Fm, le leader syndical Khadim Diouf a posé un cadre strict, subordonnant la poursuite de tout échange avec les autorités à la satisfaction immédiate d’une revendication précise.

Le message transmis par les représentants étudiants est sans équivoque : l’heure n’est plus aux promesses, mais à l’exécution financière. Intervenant dans l’émission « Objection », Khadim Diouf a clairement indiqué que la question des arriérés de bourses constitue désormais le point de blocage majeur. Selon lui, aucune discussion sur d’autres aspects de la vie universitaire ne pourra prospérer tant que cette dette ne sera pas apurée.

« Qu’ils payent les rappels et puis qu’on passe à autre chose. Ça ne coûte rien à l’État de payer ces rappels-là », a martelé le syndicaliste, dont les propos sont relayés par nos confrères d’IGFM. Cette position tranche avec les précédentes phases de négociations, les étudiants estimant désormais que ce versement est un droit acquis et non une variable d’ajustement.

Une question de dignité et de survie

Au-delà de l’aspect purement comptable, les étudiants placent cette revendication sur le terrain de la dignité humaine et des conditions de vie élémentaires. Khadim Diouf décrit ces fonds comme le « seul et unique salut » pour une communauté estudiantine précarisée. « C’est notre droit le plus absolu […] pour avoir de quoi se documenter, pour avoir de quoi se soigner quand on est malade, pour avoir de quoi s’alimenter aussi quand on a faim », a-t-il détaillé, rappelant au passage le statut des étudiants qu’il qualifie de « crème intellectuelle » et d’« avenir de ce pays ».

L’impasse des négociations

La défiance envers la tutelle semble s’être accentuée ces dernières semaines. Le leader syndical accuse ouvertement le gouvernement de verser dans la « manipulation » de l’opinion publique concernant la réalité de la situation. Cette sortie médiatique intervient dans un contexte tendu : après une trêve observée en décembre suite à la suspension du mot d’ordre de grève, les mouvements d’humeur ont repris de plus belle en ce début de février 2026.

Les étudiants justifient ce retour à la confrontation par « la qualité très médiocre » des pourparlers engagés jusqu’ici. Pour l’heure, la position affichée est celle d’un blocage assumé : « Si cette question n’est pas réglée, les étudiants ne pourront pas avancer sur les négociations », a prévenu Khadim Diouf.

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