Carnage au Soudan : l’établissement protégé ciblé par les FSR qui a coûté la vie à 22 personnes

Le conflit qui déchire le Soudan depuis plus d’un an continue de frapper aveuglément les structures essentielles à la survie des populations. Dans l’État du Kordofan du Sud, une nouvelle attaque attribuée aux Forces de soutien rapide (FSR) a visé une cible dont la nature même suscite l’indignation, alourdissant considérablement le bilan humain de cette guerre fratricide.

Les affrontements ne connaissent aucun répit et s’étendent désormais à des zones censées être sanctuarisées. Selon les informations relayées par l’agence Anadolu, un bombardement a frappé de plein fouet l’hôpital militaire Al-Kuweik. Le bilan de cette attaque est particulièrement lourd : au moins 22 personnes ont perdu la vie et huit autres ont été blessées.

Au-delà des chiffres, c’est l’identité des victimes qui souligne la gravité de l’acte. Le Réseau des médecins soudanais a confirmé que parmi les défunts figurent quatre membres du personnel soignant, dont le directeur médical de l’établissement. Ces professionnels, restés sur place pour assurer la continuité des soins dans une région en crise, ont été tués dans l’exercice de leurs fonctions, aux côtés de civils venus chercher assistance.

La réaction du corps médical ne s’est pas fait attendre. Dans un communiqué officiel, le groupe médical a fermement condamné cette frappe, qualifiant le ciblage des établissements de santé et du personnel médical de « crime de guerre ». Cette action constitue, selon eux, une « violation flagrante du droit international humanitaire » et des conventions censées protéger les civils et les infrastructures médicales en temps de conflit.

Ce drame s’inscrit dans une série noire pour le secteur sanitaire de la région. Le réseau a précisé que cet incident n’était pas isolé, mais faisait partie d’une campagne d’attaques répétées à travers le Kordofan du Sud. Cette insécurité permanente a déjà contraint plusieurs hôpitaux à cesser leurs activités, privant les populations locales d’un accès vital aux soins et aggravant une crise humanitaire déjà critique. Les médecins tiennent les FSR pour entièrement responsables et appellent à une intervention immédiate des instances internationales.

Sur le terrain, la situation militaire reste figée dans une violence endémique. Les FSR contrôlent actuellement la majorité de la région du Darfour, à l’exception de certaines zones du Nord-Darfour, tandis que l’armée régulière maintient son emprise sur les États du sud, du nord et de l’est, ainsi que sur le centre du pays, incluant la capitale Khartoum. Depuis son éclatement en avril 2023, ce conflit a provoqué le déplacement de millions de personnes.

Votre avis sera publié et visible par des milliers de lecteurs. Veuillez l’exprimer dans un langage respectueux.

Laisser un commentaire