La France et les Pays-Bas ont décidé d’unir leurs forces dans la zone Caraïbes pour contrer le crime organisé et le trafic de stupéfiants. Un nouvel accord de coopération sécuritaire vient d’être acté, introduisant un changement opérationnel majeur pour les forces de l’ordre des deux pays opérant en mer.
Selon l’agence Anadolu, la ministre française des Outre-mer, Naïma Moutchou, a annoncé ce mercredi la signature de ce protocole qualifié d’« historique ». La mesure centrale de cette entente autorise désormais les forces de sécurité françaises et néerlandaises à poursuivre les embarcations suspectes au-delà de leurs limites maritimes respectives, « lorsque la situation l’exige ».
Sur le réseau social X, la ministre a précisé que ce protocole représente la première étape d’une coopération opérationnelle renforcée avec Sint Maarten. L’objectif affiché est d’intervenir avec plus de rapidité et d’efficacité lors des opérations d’interception en mer.
Cette initiative internationale s’inscrit dans un contexte où la lutte contre le narcotrafic occupe une place centrale dans l’agenda politique français. En février dernier, l’Assemblée nationale a adopté à l’unanimité, en première lecture, une proposition de loi visant à élargir la protection des personnes menacées par les réseaux de stupéfiants. Ce texte prévoit d’étendre le mécanisme de protection des victimes, témoins et repentis à des individus qui ne participent pas à une procédure judiciaire, mais qui se retrouvent exposés à des menaces en raison de leur engagement contre ces réseaux.
Cette dynamique fait suite aux déclarations du président français Emmanuel Macron, qui avait appelé en janvier à un renforcement de la lutte contre la criminalité organisée. Il avait alors plaidé pour le déploiement d’un plan « massif » ciblant spécifiquement les ports et les aéroports, couplé à une campagne de sensibilisation sur les dangers liés à la consommation de drogues.