La tension est palpable à Ouest Foire, où un bras de fer administratif paralyse l’accès au logement pour des centaines de citoyens. Alors que le foncier à Dakar est souvent source de litiges complexes, la situation de la Cité EGBOS présente une particularité notable : les acquéreurs disposent de l’ensemble des documents requis par les services de l’État, mais se heurtent à un obstacle local persistant. Au cœur de ce dossier, un désaccord profond entre l’autorité municipale et le promoteur immobilier maintient les futurs résidents dans l’incertitude.
Selon les informations rapportées par nos confrères de Sud Quotidien, ce sont près de 400 familles qui, réunies en collectif, ont décidé de rompre le silence via un communiqué daté du 1er février 2026. Ces citoyens dénoncent une situation de blocage qui perdure depuis 2018 dans la commune de Yoff. L’objet du courroux concerne la délivrance des permis de construire, documents indispensables pour entamer les travaux, qui restent en instance de signature sur le bureau du maire depuis plus de deux ans.
**Une conformité administrative validée par l’État**
Le point central soulevé par le Collectif des futurs résidants de la Cité EGBOS réside dans la validité juridique de leurs dossiers. D’après les éléments communiqués, ces familles ont acquis leurs parcelles devant notaire et s’acquittent des redevances domaniales liées à leurs baux depuis plusieurs années.
Plus déterminant encore, les dossiers techniques semblent avoir franchi toutes les étapes de validation étatique. Les acquéreurs disposent notamment des plans NICAD, des plans architecturaux, ainsi que du quitus de versement délivré par la Direction Générale de la Surveillance et du Contrôle de l’Occupation des Sols (DGSCOS). Ce document spécifique atteste généralement que le titulaire est autorisé à disposer de son terrain dans le respect des règlements d’urbanisme en vigueur. Le collectif souligne ainsi que la validation a été actée par les services de l’Urbanisme, des Domaines et du Cadastre.
**La nature du différend : une exigence d’équipements collectifs**
Si les dossiers individuels sont conformes, le blocage trouve sa source dans une négociation inaboutie entre la mairie de Yoff et le promoteur du site. La municipalité conditionne la signature des autorisations à une exigence précise : l’attribution par le promoteur de parcelles spécifiquement dédiées aux équipements collectifs.
L’édile réclame la mise à disposition d’espaces pour la construction d’une école, d’un poste de santé et l’aménagement d’espaces verts. Cette demande, non satisfaite à ce jour par le promoteur, a entraîné la suspension de toute la procédure d’octroi des permis de construire pour les particuliers.
Face à cette impasse, les membres du collectif estiment être les « victimes collatérales » d’un conflit qui leur est étranger. Ils qualifient la situation d’abus de pouvoir, arguant que leurs droits de construire sur des terrains légalement acquis ne devraient pas dépendre des relations, qu’elles soient politiques ou commerciales, entre l’autorité municipale et l’opérateur privé. Le groupement exige désormais la signature immédiate des documents et appelle les autorités compétentes à intervenir pour rétablir l’égalité des citoyens devant l’administration.
Ce collectif devrait à notre avis se ranger du côté de l’autorité municipale qui défend leurs intérêts puisque le promoteur avait dans ce projet prévu des espaces dédiés aux services publics.
Les propriétaires légitimes devraient s’attaquer à EGBOS pour un respect des lois domaniales.
Les infrastructures publiques seront utiles pour vous une fois que vous auriez habité la zone.